Les latéraux, un problème récurrent pour le Brésil d'Ancelotti
Depuis qu'il a pris la tête de la Seleçao il y a un an, le technicien italien a essayé 24 joueurs à ce poste, d'après un bilan du site Globo Esporte. Samedi, à sept jours du premier match du Brésil contre le Maroc à East Rutherford (New Jersey) dans le groupe C, il a dû faire face à une blessure de Wesley, le joueur qui ressemblait le plus aux profils ayant fait du Brésil une référence à ce poste.
En mars, le sélectionneur a reconnu : "Tout le monde sait qu'il manque ce qui n'a jamais fait défaut : les latéraux. Le Brésil a eu des latéraux fantastiques, mais aujourd'hui il y a une certaine pénurie." L'ancien entraîneur du Real Madrid avait alors mentionné "le jeune Wesley, qui se débrouille très bien à la Roma" à ce poste, qui est orphelin depuis l'époque de Marcelo et Dani Alves. C'est le quatrième absent de marque sur le chemin du Mondial, après Rodrygo, Estevao et Eder Militão.
Polyvalence
Wesley, âgé de 22 ans, se distingue par sa vitesse et sa puissance offensive, dans la tradition des légendaires Roberto Carlos et Carlos Alberto. Ce piston s'est fait connaître au Brésil en gagnant huit titres avec Flamengo, notamment les Copa Libertadores 2022 et 2025. Son absence prive la Seleçao, qui attend aussi le retour de Neymar, d'un latéral à tendance offensive, car Ancelotti a convoqué le milieu de terrain de l'Atalanta Bergame, Ederson, pour le remplacer.
Samedi face au Maroc, le Brésil alignera trois latéraux de formation : le gaucher Douglas Santos et les expérimentés Danilo et Alex Sandro, dont nombreux pensaient que les carrières internationales étaient finies après la déception au Qatar en 2022.
Les défenseurs centraux Bremer et Ibañez peuvent également jouer sur le côté droit, mais en raison de leur profil défensif, les quintuples champions du monde y perdraient en puissance offensive. Danilo, qui évolue généralement comme défenseur central à Flamengo, se trouve dans le même cas.
L'ancien de Manchester City et du Real Madrid a reconnu : "Je peux accomplir d'autres tâches : bien relancer, attaquer dans l'axe, mais mon profil est très différent" de celui d'un joueur comme Wesley.
L'effet Guardiola
Les spécialistes expliquent le manque de latéraux par le départ précoce des talents vers l'Europe, ce qui les empêche de se former correctement selon les méthodes brésiliennes. Ancelotti, qui découvre le banc d'un Mondial après avoir tout remporté en club, n'est pas le premier sélectionneur du Brésil à rencontrer des difficultés avec ce poste.
Au Qatar, où la Seleçao a été sortie par la Croatie en quarts de finale, Tite avait aligné le défenseur central Militão sur le côté droit après la blessure de Danilo. Il comptait aussi sur Bremer et un Dani Alves en fin de carrière à 39 ans.
Sans les gauchers Alex Sandro et Alex Telles, Tite avait été contraint d'utiliser la polyvalence d'un Danilo rétabli pour occuper le côté gauche en huitièmes et quarts de finale. Ibañez a déclaré mardi en conférence de presse à Morristown, New Jersey : "Qu'un défenseur central joue comme latéral, ce n'est pas très différent. Il faut savoir défendre et bien gérer le ballon."
Tite a dû assembler les pièces par nécessité, mais dans le football moderne, certains entraîneurs choisissent d'aligner des défenseurs centraux ou des latéraux au pied inversé pour jouer sur les côtés. C'est le cas de Pep Guardiola à Manchester City et de Mikel Arteta à Arsenal, champion de Premier League cette saison.
En 2023, l'ancien latéral allemand Philipp Lahm, qui a travaillé avec le technicien catalan au Bayern Munich, déclarait à la BBC : "Ce poste a évolué grâce à l'influence d'entraîneurs comme Pep Guardiola." Il expliquait : "En défense, il faut laisser le moins d'espace possible à l'adversaire, en couvrant beaucoup de terrain et en le maintenant sous contrôle. En attaque, il faut exploiter les espaces, en créant le maximum d'espace et en générant autant d'occasions que possible pour ses coéquipiers."