"Dans ces conditions, l'hospitalisation à domicile n'aurait jamais dû se faire", a-t-on entendu lors du procès Maradona

"Dans ces conditions, l'hospitalisation à domicile n'aurait jamais dû se faire", a-t-on entendu lors du procès Maradona

"Si l'ensemble des éléments requis n'étaient pas présents dans la maison de convalescence, l'hospitalisation à domicile n'aurait jamais dû être réalisée", a indiqué le neurochirurgien Rodolfo Benvenuti. Ce dernier avait supervisé l'opération de Maradona début novembre 2020, à la demande de son avocat, pour traiter un hématome crânien.

Ce praticien a rappelé les conditions qu'il avait listées à l'époque concernant ce que devait inclure une hospitalisation à domicile pour la convalescence d'un patient au profil "très spécifique" comme Maradona, en raison notamment de ses antécédents de dépendances.

"J'avais recommandé une surveillance continue 24 heures sur 24 des signes vitaux, de la température, de la tension, ainsi qu'un protocole de suivi indiquant par exemple le volume et la fréquence des urines (...) et la présence éventuelle d'œdèmes."

"J'avais aussi préconisé l'équipement nécessaire pour parer à toute éventualité : lit orthopédique, défibrillateur, oxymètre. Des infirmiers présents en permanence. Un contrôle toutes les 2 ou 3 heures."

Durant l'audience, le message d'un superviseur infirmier (extérieur à l'équipe soignante) a également été diffusé. Il signalait alors l'insuffisance du dispositif autour de Maradona : "On n'est pas préparés pour une urgence. Ce n'est pas possible qu'il n'y ait pas une perfusion ou une solution intraveineuse disponible."

Sept professionnels de santé (un médecin, un psychiatre, une psychologue, des infirmiers) sont jugés à San Isidro depuis la mi-avril, pour "homicide avec dol éventuel", c'est-à-dire des négligences commises en sachant qu'elles pouvaient entraîner la mort. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.

Maradona est décédé à 60 ans le 25 novembre 2020, d'un arrêt cardiorespiratoire associé à un œdème pulmonaire, seul sur son lit dans une maison louée pour sa convalescence à Tigre (nord de Buenos Aires). Selon des témoignages de médecins légistes au procès, il aurait connu plusieurs heures d'agonie.

Au cœur du procès, et attesté par plusieurs témoins, figurent l'absence d'équipement médical adéquat, ainsi que les carences du suivi médical de l'ancien footballeur durant ses derniers jours.

Le Dr Benvenuti a aussi évoqué, dans sa déposition, l'intense frustration de Leopoldo Luque, neurochirurgien et alors proche de Maradona, aujourd'hui parmi les accusés, quand la clinique en 2020 ne l'avait pas autorisé à opérer Maradona : "Il disait que c'était la chance de sa vie."