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Flashback: Il y a 30 ans, le PSG remportait la Coupe des Coupes

Flashback: Il y a 30 ans, le PSG remportait la Coupe des Coupes

À la 29e minute de la finale de la Coupe des Coupes opposant le PSG au Rapid Vienne, Youri Djorkaeff décroche un coup franc à 35 mètres des buts gardés par Michael Konsel, suite à une intervention de Peter Guggi. Une distance trop grande pour le Snake, mais idéale pour Bruno N'Gotty.

Djorkaeff adresse le ballon au défenseur central, qui expédie une frappe sèche et puissante. Le cuir est légèrement détourné par Peter Schöttel, figure emblématique du club autrichien, et reprend sa trajectoire vers le but. Le rebond trompe Konsel, qui plonge avec retard, et les filets se gonflent.

Trois ans après le triomphe de l'OM en Ligue des Champions, le PSG conquiert à son tour la Coupe des Coupes.

Bien loin de l'idée avancée par Zlatan Ibrahimovic, qui pensait avoir propulsé le PSG sur la scène européenne par sa seule présence, le club parisien accumule les performances majeures en compétitions continentales. Clément Lemaître, auteur de "PSG 1996, premier sacre européen", évoque cette ère faste sous l'égide de Canal+: "le PSG figurait parmi les géants du football européen, avec cinq demi-finales consécutives et deux finales de C2 en 1996 et 1997. Le club a même dominé l'indice UEFA".

Nous vivons les débuts des conséquences de l'arrêt Bosman, et seul le champion national accède à la Ligue des Champions, ce qui enrichit les tableaux de la Coupe des Coupes et de la Coupe de l'UEFA. Même un match inaugural à Molde s'avère compliqué. Ole Gunnar Solskjaer ouvre le score, mais le PSG l'emporte 2-3 avant de sceller la qualification au Parc des Princes (3-0).

En huitièmes de finale, le Celtic se profile. À cette époque, se déplacer au Celtic Park représente un défi redoutable. "À l'aller, Djorkaeff inscrit le but décisif en fin de rencontre", raconte Clément Lemaître. Avant le voyage à Glasgow, l'équipe est sur ses gardes face à des talents comme John Collins, futur Monégasque, la légende Peter Grant ou Pierre van Hooijdonk. Ils anticipent une rude confrontation, mais dominent largement 3-0 avec un doublé de Patrice Loko et un but de Pascal Nouma, aidé par l'aile de pigeon légendaire de Djorkaeff. Les fans écossais sont stupéfaits, un tel geste étant rare chez eux".

La suite voit une qualification face au Parme de Hristo Stoitchkov, seul buteur à l'aller, avant que le PSG ne retourne la situation au Parc avec deux penalties transformés par Raí (3-1), puis contre le Deportivo de La Corogne de Bebeto: "Alain Roche confie dans le livre qu'il n'oubliera jamais cette demi-finale, tant elle fut éprouvante".

La finale ne marque pas les esprits durablement, ce qui pourrait manquer au PSG, contrairement à l'OM qui, avec un parcours anonyme, a terrassé le grand Milan à Munich: "le match est haché et peu spectaculaire. Globalement, le PSG domine, avec un poteau de Djorkaeff et une occasion franche de Vincent Guérin en fin de partie. Le Rapid crée deux occasions nettes tardives, mais Bernard Lama repousse deux tirs décisifs pour offrir le trophée au PSG".

L'aventure parisienne n'est pas exempte de difficultés. Leader de Division 1 à mi-saison, le PSG voit son avance de 10 points sur Auxerre fondre, ce dernier réalisant le doublé. Avant d'affronter La Corogne au Riazor, Djorkaeff sort tout juste d'une blessure d'un mois. Rentré à la 80e minute, il marque un but somptueux qui renverse le match. Recruté champion avec Nantes, Loko traverse un deuil personnel douloureux et, malgré 4 réalisations essentielles, souffre énormément.

Avant la finale, Michel Denisot propose d'inviter Yannick Noah, habitué de la célèbre Corbeille du Parc, pour motiver le groupe lors d'un stage au Pays basque. Luis Fernandez approuve, mais Noah est banni du terrain et des vestiaires, sous peine de démission de l'entraîneur. "Il s'agissait de remotiver l'équipe, et dès le premier entraînement, Noah suggère une sortie à Hondarribia, de l'autre côté de la frontière, pour une soirée festive", détaille Clément Lemaître. Il sent les sourires revenir, un déclic opère. La chanson "Yeah Yeah" devient leur refrain. Lama raconte que cette nuit a tout changé, relançant la dynamique collective".

Ce succès reflète aussi le choix audacieux de la direction, qui nomme Luis, alors âgé de 35 ans, au poste d'entraîneur. "C'est très tôt, et il garde un pied dans le vestiaire en participant aux blagues, aux cartes et aux entraînements. Directif sur le terrain comme dans le groupe. En 1994, Luis dirige l'AS Cannes et Denisot le recrute en pleine Festival! Arthur Jorge et Denis Troch avaient bien performé, mais la direction aspire au spectacle, et Luis vise un jeu offensif pour ravir le public. Contre Parme au retour, il aligne trois attaquants purs: Loko, Pascal Nouma et Julio César Dely Valdés".

Trente ans plus tard, champion d'Europe en titre, le PSG a franchi un palier grâce au Qatar, sportivement et financièrement. Que reste-t-il de cette Coupe des Coupes? "Le club cherche à reconnecter avec son histoire", note Clément Lemaître, d'autant que son ouvrage est une commande du PSG et qu'il a recueilli les récits de presque tous les joueurs (seuls Loko et Paul Le Guen font défaut), heureux de réveiller ces souvenirs. "Les nouveaux arrivants découvrent le dessin de la coupe par Joël Bats sur un mur, entouré des signatures. Ce mur est préservé au Parc, près du vestiaire d'aujourd'hui. Cela évoque le PSG de la fin du XXe siècle, pour les joueurs comme pour les visiteurs locaux et étrangers".