Sortir de la phase de groupes, le "grand objectif" du Cap-Vert, indique le président de la fédération

Sortir de la phase de groupes, le "grand objectif" du Cap-Vert, indique le président de la fédération

Quel est l'objectif et l'état d'esprit de l'équipe dans cette Coupe du Monde ?

L'objectif, comme toujours, est d'aller le plus loin possible. Mais nous ne devons pas fixer des objectifs irréalistes. Nous souhaitons au moins passer le premier tour, c'est notre grand objectif. Notre slogan, c'est 'nu bai' ! En créole, cela signifie on y va avec énergie et force ! J'ai dit aux joueurs que c'est un moment qu'ils doivent savourer, sans aucune crainte. Allons-y avec lucidité, mais avec une ambition forte.

Votre premier match lundi est contre l'Espagne, l'un des favoris pour le titre, comment abordez-vous ce duel ?

Nous sommes naturellement optimistes et certains Cap-Verdiens pensent que nous allons battre l'Espagne ! Nous savons que c'est très compliqué et que l'Espagne est l'une des meilleures formations mondiales, mais au football, rien n'est acquis avant le coup de sifflet final. Nous devons faire face et rester pragmatiques, sans adopter un état d'esprit de défaite avant le match. Notre sélectionneur est expérimenté et saura mettre en place les meilleures stratégies, pas seulement contre l'Espagne, mais aussi face aux autres adversaires.

Vous êtes à la tête de la Fédération depuis 24 ans, quelle est selon vous la clé de la réussite de cette équipe ?

Nous bénéficions d'une importante diaspora et de joueurs évoluant à l'étranger, qui apportent une valeur ajoutée à la sélection nationale. Le mélange entre ceux qui vivent hors du pays et ceux qui sont ici a permis de constituer une grande équipe et une symbiose parfaite. Le footballeur cap-verdien possède du talent et de très bonnes qualités techniques, et l'expérience professionnelle de certains a renforcé notre niveau. Les programmes de la FIFA ont également été cruciaux pour améliorer le football cap-verdien, grâce à des subventions, des projets de développement et le financement d'infrastructures sportives, ce qui a transformé le paysage du football local. Le principal défi a été et reste le financement du football, comme des autres sports. Les ressources sont limitées et nous avons peu de marge de manœuvre. Autre difficulté : nous sommes des îles, et les équipes souffrent de contraintes liées aux déplacements, qui peuvent parfois compromettre la tenue des compétitions.

Quel impact cette qualification historique a-t-elle sur la société cap-verdienne ?

La plupart des Cap-Verdiens ne s'attendaient pas à ce que nous puissions nous qualifier pour la Coupe du Monde, compte tenu du manque de moyens et de la grande compétitivité du continent africain. Je pense que c'est un rêve que nous avons tous réalisé, et nous en sommes très satisfaits. Notre participation va encourager beaucoup de gens à jouer au football. Vous savez, nous faisons face à des problèmes sociaux chez les jeunes, comme la violence, la drogue ou l'alcool, et je crois que lorsqu'on pratique le football, ces maux disparaissent. Nous pouvons avoir un impact social très important pour la jeunesse.