Le Cap-Vert aura fait trembler l'Argentine, qui s'en sort en prolongation et passe en 8e !
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Dans le coin droit, l'Argentine, tenante du titre, triple championne du monde, portée comme souvent par Lionel Messi qui allait disputer son 30e match en Coupe du monde (record absolu). Dans le coin gauche, le Cap-Vert, sensation de la compétition, qui avait tenu en respect l'Espagne et qui était de façon surprenante toujours invaincu. Un grand favori sur le papier, qu'allait dire le terrain ?
Rapidement, on comprenait que l'Albiceleste avait tout son temps : pas de siège de la surface, un jeu de passes méthodique pour tester la défense. Des situations intéressantes, mais pas de percussion outre mesure : les Argentins visaient une montée en régime progressive. Et même Messi ne trouvait pas la faille sur coup franc (18e). Au moment de la pause fraîcheur, on s'ennuyait ferme.
Mais il suffisait d'une action : une superbe ouverture de Lisandro Martínez pour… Lionel Messi, évidemment, qui semblait avoir tout le temps du monde et ajustait Vozinha pour son 20e but en phase finale de Coupe du monde (29e).
Mais ce n'était qu'un éclair dans une première période globalement d'un faible niveau. L'Argentine n'était pas décidée à forcer son talent, et voulait clairement économiser des forces pour la suite. Hormis une frappe signée Enzo Fernández, il n'y avait guère d'occasions, mais ce score de 1-0 suffisait à l'Albiceleste à la pause.
À couper le souffle
De quoi laisser croire au Cap-Vert à une possibilité d'exploit ? En tout cas, les Requins Bleus revenaient avec de l'allant, et poussaient rapidement pour relancer le match. Ainsi, Emiliano Martínez devait s'employer sur une frappe de Deroy Duarte (54e), mais les Cap-Verdiens ne parvenaient pas à mettre une pression suffisante pour faire trembler leurs adversaires. Jusqu'à l'heure de jeu, quand Ryan Mendes trouvait facilement au cœur d'une défense apathique Deroy Duarte, qui pouvait même prendre le temps d'ajuster Martínez !
Dans la foulée, Vozinha gagnait son face-à-face avec Lionel Messi : le match était totalement relancé ! L'Argentine lançait son banc, tentait de remettre un peu de pression, l'octuple Ballon d'Or manquait de réussir une filouterie sur coup franc (73ᵉ), Roberto Lopes venait éteindre un incendie en catastrophe (81ᵉ), l'Albiceleste appuyait de plus en plus fort, multipliait les situations chaudes, mais rien ne venait.
Malgré un dernier frisson sur un coup franc de Messi, le Cap-Vert réussissait encore son coup et emmenait l'Argentine en prolongation ! Malheureusement, elle démarrait de la pire façon possible : un corner échouait au deuxième poteau à Lisandro Martínez, qui fusillait un Vozinha bien impuissant, pour une fois (93e).
Cette fois, l'Argentine avait fait le travail. Le Cap-Vert semblait accuser le coup, continuait certes à attaquer, mais paraissait usé et moins précis. Jusqu'à un coup de tonnerre : Sidny Lopes Cabral, pas attaqué sur son aile gauche, enroulait un bijou de frappe pleine lucarne d'un Martínez battu sous les hourras du public (103e).
L'Argentine était contrainte de retourner au charbon, mais allait avoir la réussite de son côté : un corner de Messi, Cristian Romero coupait la trajectoire et Diney Borges déviait dans ses propres filets. Mais ce n'est jamais fini, et la leçon manquait de ne pas être apprise pour la troisième fois quand Sidny Lopes Cabral enroulait un coup franc qui forçait Martínez à une énorme parade.
Cette rencontre était à couper le souffle, et la fin de match était cap-verdienne : des situations chaudes en pagaille, des frappes contrées, des ballons dans la surface, avant la libération. L'Argentine ne s'attendait clairement pas à ça, mais aura eu le mérite de s'en sortir avec ce succès 3-2. L'un des plus beaux matchs du Mondial, assurément, et clairement, le Cap-Vert peut sortir la tête haute. L'Albiceleste a failli couler, mais le doublé est encore possible.