En Iran, le Mondial est une bouffée d'oxygène pour les enfants férus de foot
"En ce moment avec l'ambiance Coupe du monde, tout le monde se prend pour un expert" à commenter le football, sourit Mohammad Ghiasi, un ancien joueur reconverti entraîneur, à propos de ses champions en herbe qu'il ne quitte pas des yeux.
La sélection iranienne, surnommée "Team Melli", a été l'une des premières équipes à se qualifier pour le Mondial 2026, co-organisé par le Canada, le Mexique et les Etats-Unis, qui ont déclenché avec Israël leur guerre contre l'Iran le 28 février. Téhéran et Washington ont signé mercredi un protocole d'accord pour mettre fin aux hostilités. Mais l'issue de pourparlers plus techniques sur le nucléaire en vue d'un accord définitif reste incertaine.
Le football est pour les enfants, comme pour leurs parents, une bouffée d'oxygène bienvenue. Etirements, petites foulées, passes et tirs au but rythment l'entraînement, avec en arrière-plan des portraits de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo.
"Le simple fait de venir ici pendant quelques heures, de jouer et de s'éloigner de cette atmosphère (pesante) et de ce stress est très important", déclare à l'AFP Niloufar Memari, une femme au foyer de 38 ans, venue avec son fils. "Honnêtement, il y a beaucoup d'anxiété et d'incertitude en ce moment", abonde Zeinab Bahari, dont le fils est lui aussi inscrit au centre de formation. "Mais au moins grâce au tournoi, la tension retombe", ajoute-t-elle en référence à la Coupe du monde.
Rendre l'Iran fier
Le parcours de l'équipe nationale iranienne pour le Mondial a été chaotique et sa participation incertaine jusqu'au bout en raison de la guerre avec les Etats-Unis. Le centre de formation comptait durant le conflit entre 400 et 500 jeunes inscrits. Mais "maintenant que l'Iran dispute bien cette Coupe du monde, Dieu merci, les inscriptions ont considérablement augmenté", affirme M. Ghiasi, sans toutefois donner de chiffres précis.
L'Iran affrontera dimanche la Belgique pour son deuxième match du groupe G et vise une première qualification historique pour le prochain tour, avant son troisième match de poule contre l'Egypte le week-end prochain. L'équipe a essuyé des refus de visas de la part des Etats-Unis pour une quinzaine de membres de l'encadrement.
Cette situation l'a contrainte à se rabattre en dernière minute sur la ville mexicaine de Tijuana pour installer son camp de base, à la place de celui initialement prévu à Tucson en Arizona. Les joueurs sont donc contraints à des allers-retours transfrontaliers fatigants avant chaque match. Malgré ces difficultés, "j'espère qu'ils réussiront (à s'imposer dans ce Mondial) et qu'ils rendront fier notre pays", dit Zeinab Bahari, la mère de famille.