D'indésirable à River Plate au "Modric paraguayen", Matías Galarza est le héros inattendu de l'Albirroja
Matías Galarza n'a pas demandé la permission : il est entré dans les têtes des Allemands et il n'en est plus sorti. Passeur décisif pour Julio Enciso, le joueur de River Plate prêté à Atlanta la saison dernière a également récupéré 10 ballons, réussi 2 interceptions et calé un petit pont à Jamal Musiala dans un match où l'Albirroja a beaucoup défendu... et a fini par faire disjoncter la Nationalmannschaft.
Galarza a fait sa part, quitte à commettre 4 fautes. Accrocher, râler, casser le rythme : il a déployé la panoplie du roublard, de celui qu'on adore détester mais qu'on aimerait tellement avoir dans son équipe quand le mercure grimpe.
En difficulté en club, survolté avec sa sélection
L'histoire n'était pas écrite d'avance pour lui. Pour le milieu formé à Olimpia, ce Mondial constitue une forme de rédemption, notamment par rapport à River. Nommé en mars, Chacho Coudet lui a déjà certifié qu'il ne compterait pas sur lui. Et comme il n'a pas atteint 75% de titularisation avec Atlanta, Galarza doit rentrer chez les Millonarios sans espoir de jouer.
Rien n'indiquait que Galarza deviendrait le "Modric paraguayen" comme il est désormais surnommé au pays. Arrivé à Vasco à 18 ans, il est prêté à Coritiba en 2022 avant d'éclore à Talleres. Vice-champion en 2024, vainqueur de la Supercopa Internacional : deux ans après son arrivée à la T, il est donc transféré chez les Gallinas mais il ne convainc pas. Un départ houleux : après une défaite contre Vélez, il répond aux quolibets par des provocations. Souvent qualifié de joueur sur courant alternatif, Galarza commet une erreur contre Racing alors que Marcelo Gallardo était encore l'entraîneur.
Son détour par la MLS n'a pas été plus probant et s'il a fait partie de la liste du Paraguay pour la Coupe du monde, le sélectionneur Gustavo Alfaro l'a laissé sur le banc contre les États-Unis. Bilan : défaite 4-1. Poussé par l'obligation de battre la Turquie, le sélectionneur a donc aligné Galarza d'entrée, ce qui ne s'est pas fait sans heurts. "Soutenez les joueurs et si vous devez critiquer quelqu'un, faites-le ici. J'ai le cuir épais. Lancez-moi des piques, tirez-moi dessus, mais défendez les joueurs", s'est emporté Alfaro qui n'a pas eu à regretter sa décision. Bien au contraire, Galarza a tout changé. C'est lui qui a marqué le seul but du match dès la 2e minute et propulsé sa sélection en 1/16 de finale. Lors de la séance de tirs au but contre l'Allemagne, il a parachevé son oeuvre en transformant sa tentative.
On est loin de l'image d'un joueur en difficulté mentale, quasiment désoeuvré si l'on se fie à ses détracteurs. Au contraire, à 24 ans, Galarza est l'une des révélations du Mondial et un homme de base d'Alfaro surgi de nulle part ou presque. Les Bleus sont prévenus : celui-là revient de trop loin pour passer à côté de cette revanche de 1998.