Des buts au Sporting à la disette en Colombie, le défi de Luis Suárez
En Colombie, il existe une grande tradition d’attaquants. Les Portugais le savent bien. Falcao, Jackson Martínez et Fredy Montero, par exemple, font partie des noms qui se sont illustrés dans le football portugais, mais aujourd’hui, un nouveau roi colombien règne sur la Liga Portugal.
Luis Suárez a rejoint le Sporting à un moment à haut risque. La situation était compliquée et la pression énorme. En effet, le Colombien est passé d’Almería, en Liga 2, à une équipe double championne nationale, qui venait de dire adieu à un joueur qui, en seulement deux saisons, était entré dans le cercle des meilleurs de l’histoire à Alvalade.
Les 97 buts en seulement 103 matchs de Viktor Gyökeres auraient pu faire douter Luis Suárez, mais le Colombien était prêt à relever le défi et a surpassé les statistiques de l’international suédois dès sa première saison sous le maillot des lions. Les 38 buts toutes compétitions confondues, dont 28 en championnat, n’ont pas suffi à offrir des titres à l’équipe de Rui Borges, mais ils ont permis à Suárez de s’imposer et de prendre confiance pour le Mondial-2026.
La Colombie n’a pas encore vu le vrai Suárez
Bien qu’il soit arrivé à la phase finale de la compétition comme principale référence offensive de la Colombie, Luis Suárez est loin de faire l’unanimité en sélection.
Néstor Lorenzo n’a pas misé d’emblée sur l’attaquant du Sporting, mais le poker inscrit lors de la large victoire (3-6) contre le Venezuela, en qualifications pour le Mondial 2026, a renforcé la confiance de Suárez.
Le fait de continuer à marquer à Alvalade l’a aidé à conserver le statut acquis lors de ce match, mais depuis, Suárez n’a marqué qu’un seul but, lors d’une rencontre où il était remplaçant et qui ne servait que de préparation pour le Mondial-2026.
Bien qu’il ait été titulaire lors des deux premières journées, Suárez n’a pas la garantie de débuter face au Portugal et ses performances décevantes avec la sélection cafetera ne jouent pas en sa faveur.
Après 138 minutes disputées au Mondial-2026, le joueur du Sporting n’a toujours pas marqué et n’a tenté qu’un seul tir dans toute la compétition. Lors du match d’ouverture, face à l’Ouzbékistan (1-3), il a touché trois fois le ballon dans la surface adverse et réussi huit passes, ne se distinguant que par le nombre de duels gagnés (5/7). À l’inverse, son remplaçant, Cucho Hernández, a délivré une passe décisive peu après son entrée en jeu sous les ordres du sélectionneur colombien.
Malgré une prestation discrète, Suárez a conservé sa place de titulaire face à la RD Congo (1-0), mais il a été remplacé après 58 minutes, avec une note de 6,3 sur Flashscore. L’attaquant du Sporting a de nouveau touché trois fois le ballon dans la surface adverse et a vu son taux de réussite dans les duels baisser à 50%. Cependant, contrairement à ce qu’avait réalisé l’attaquant du Betis lors du match précédent, Jhon Cordoba, joueur de Krasnodar, n’a pas su saisir sa chance face à l’équipe africaine.
La concurrence guette
La Colombie aborde le match contre le Portugal déjà qualifiée pour le tour suivant, après deux victoires lors des deux premières journées, et Néstor Lorenzo pourrait être tenté de procéder à des essais en attaque, compte tenu de la faible efficacité de ses attaquants – le latéral Daniel Muñoz est le meilleur buteur de l’équipe avec deux réalisations.
Dans ce contexte, Suárez est en concurrence directe avec Cucho Hernández.
Comme l’attaquant du Sporting, le joueur du Betis ne s’est jamais vraiment imposé en sélection cafetera et considère le Mondial 2026 comme l’occasion idéale d’y parvenir. International colombien à 10 reprises, il n’a été titulaire qu’une seule fois en match officiel et n’a inscrit que deux buts, tous deux lors de sa première sélection, en 2018.
Cependant, à l’image de Suárez, Cucho sort d’une saison positive en Espagne. Moins prolifique (15 buts), certes, mais tout de même réussie, puisqu’il a mené l’attaque des verdiblancos vers un retour en Ligue des champions.
Parmi les trois attaquants utilisés en Amérique du Nord, les meilleures impressions ont été laissées par le joueur de 27 ans, non seulement grâce à sa passe décisive, mais aussi par sa volonté de servir Jaminton Campaz sur un centre venu de la droite.
À quelques heures du duel contre le Portugal, des incertitudes subsistent en attaque côté colombien, d’autant que Cucho et Suárez présentent de nombreuses similitudes.
Solides dans le jeu collectif, agressifs au pressing et unis par le vert et blanc des maillots de leurs clubs respectifs, ils veulent tous deux faire mal au Portugal et prendre l’avantage dans la lutte pour la place de titulaire à la pointe de l’attaque colombienne pour la suite du Mondial.