Déjà décisif avec le Sénégal, Ibrahim Mbaye peut postuler à mieux qu'un rôle en sortie de banc
En une accélération, un crochet dévastateur sur Théo Hernandez et une frappe puissante qui a transpercé Mike Maignan, Ibrahim Mbaye a signé une entrée tonitruante en Coupe du monde. Champion d'Afrique pour ses débuts internationaux avec le Sénégal, l'ailier du PSG a inscrit un but exceptionnel, vite éclipsé par Kylian Mbappé, mais qui a fait de lui le plus jeune buteur africain de l'Histoire de la compétition.
Pour autant, son irruption en fin de match a certainement donné beaucoup de regrets à Pape Thiaw qui a privilégié Ismaïla Sarr, certes volontaire mais terriblement maladroit dans le dernier geste, notamment en première période. Peu utilisé par Luis Enrique, Mbaye a perdu du protagonisme en club. Cependant, avec les Lions de la Téranga, il incarne l'impact player par excellence. En 13 capes, il n'a été titulaire que deux fois, en amical. Son bilan comptable est excellent : 4 buts et 5 passes décisives. Et surtout, il possède une faculté à amener de la vitesse sur le côté, celle qui déstabilise tout un bloc, y compris celui de l'Equipe de France qui n'est pas le plus simple à bouger.
Par sa capacité de débordement, Mbaye est particulièrement efficace dans les fins de match. Mais le cantonner à cette fonction est probablement réducteur car sa finition a cruellement manqué au Sénégal en première période. Peu importe le nom retiré de la ligne d'attaque : avec lui dans le XI de départ, il y aurait peut-être eu un remake de 2002 ou, a minima, un but qui aurait mis son équipe devant au score.
Contre la Norvège qui, malgré l'ampleur du score (4-1), a souffert contre l'Irak, la percussion de Mbaye ne serait pas superflue, aussi bien dans un 4-3-3 que dans un 4-4-2 ou un 4-2-3-1. Quoi qu'il en soit, il faudra certainement du changement car, en cas de contre-performance, le Sénégal verrait sa participation aux 1/16 de finale plus que jamais compromise.