Coupe de France: Ramos, le "soldat toujours prêt" du PSG
Souvent relégué sur le banc, mais en tête des buteurs du PSG cette année: tel est le cas paradoxal de Gonçalo Ramos, surnommé "supersub", qui a encore une fois sorti son équipe du pétrin lors du Trophée des champions et qui accepte sereinement sa position sans se plaindre.
Luis Enrique, l'entraîneur du PSG, pèse toujours ses paroles avec soin. Jeudi soir au Koweït, après avoir décroché son premier trophée en 2026 contre l'OM (2-2, tab 4-1), il a choisi de vanter les mérites de l'attaquant portugais, auteur du but décisif (2-2, 90+5), plutôt que ceux du gardien Lucas Chevalier, désigné homme du match.
"Gonçalo Ramos inscrit encore un but dans les ultimes instants... J'aimerais m'attarder sur lui, car c'est un guerrier constamment disponible. Il possède le tempérament et la force de caractère pour être toujours performant", a déclaré Luis Enrique.
Quelques instants plus tôt, il avait tenu des propos similaires devant les caméras de Ligue 1+: "C'est un footballeur exceptionnel, un individu remarquable. Il n'a pas beaucoup de temps de jeu, mais il est présent quotidiennement. Lorsque je lui demande d'entrer pour deux ou trois minutes, il le fait en courant à pleine vitesse".
Questionné à nouveau dimanche sur ce joueur, l'entraîneur a approfondi: "Quand on signe dans un club majeur comme le PSG, on ignore combien de minutes on aura. Le devoir de chacun est de rester préparé pour soutenir l'équipe et honorer le club", a-t-il précisé, "il incarne parfaitement l'image d'un professionnel exemplaire: toujours prêt, peu importe s'il est frustré. Il aspire à plus de temps, je le sais".
Dix buts cette saison
Entré en jeu à la 89e minute, alors que l'OM menait 2-1 et frôlait son premier trophée depuis 2012, le Portugais a démontré une fois de plus son efficacité chirurgicale.
À la 90+5, il a achevé d'une frappe précise du plat du pied une superbe construction collective, lancée par le défenseur Willian Pacho après un ballon récupéré dans sa propre surface, forçant ainsi les prolongations et les tirs au but, qu'il a brillamment initiés.
Gonçalo Ramos est coutumier des exploits: sur ses 43 buts en carrière, 12 ont été marqués après le temps réglementaire. Jeudi au Koweït, l'ex-Benfiquiste a signé sa sixième réalisation post-90e minute sur ses dix derniers buts avec le PSG, d'après les données d'Opta.
Mieux encore, ses buts sont souvent cruciaux, comme lors de la Supercoupe le 15 août contre Tottenham à Udine où il a égalisé in extremis (2-2, tab 4-3). Il a aussi offert la victoire face au FC Barcelone en octobre en Ligue des champions (2-1, 90e) ou contre Nice en Ligue 1 (1-0, 90+5).
"Résilience hors du commun"
Titulaire à seulement neuf reprises cette saison tous fronts confondus, avec un profil de N.9 pur qui ne cadre pas tout à fait avec le jeu fluide et interchangeant prôné par Luis Enrique, il reste pourtant essentiel au PSG.
Le paradoxe est là: malgré un temps de jeu limité, il domine le classement des buteurs du club avec 10 réalisations. Il conserve son calme, sa solidité psychologique et son désir d'apporter sa pierre à l'édifice.
"Son total de buts est impressionnant saison après saison", a insisté son entraîneur dimanche.
D'après un proche du groupe, le Portugais, arrivé en été 2023, a digéré son rôle de joker (même après les sorties de Mbappé, Kolo Muani et les pépins de Dembélé), et le PSG compte le conserver longtemps, conscient de sa valeur dans les instants critiques.
"Gonçalo Ramos affiche une personnalité et une résilience extraordinaires", a confié son coéquipier Vitinha au journal O Jogo, soulignant que "gérer un temps de jeu restreint n'est pas simple", surtout qu'il est aussi doublure en sélection portugaise (22 capes, 10 buts).
Fréquemment utilisé en Coupe de France, il devrait démarrer titulaire lundi (21h10) face au Paris FC en 16es de finale.