Robert Lewandowski : "J'ai souvent eu des difficultés à affronter Sergio Ramos"
Messi ou Ronaldo?
"C'est compliqué de choisir, à une époque je rivalisais avec les deux. Chacun a ses préférences, donc je reste neutre. Évidemment, depuis que je suis à Barcelone, je suis plus proche de Leo, surtout que nous habitons la même zone. Mais je vais esquiver cette question. Ce débat passionnera toujours les supporters. Les discussions sur qui a le plus brillé ou inscrit le plus de buts continueront indéfiniment."
Quel défenseur vous a posé le plus de problèmes?
"J'ai souvent galéré face à Sergio Ramos. J'appréciais les duels avec lui, mais il était féroce comme un guerrier. Dès que je savais que je l'affronterais, je me disais que le match serait passionnant avec des confrontations intenses."
Avec qui vous sentez-vous le plus à l'aise à Barcelone?
"Au départ, il y avait un écart entre moi et les plus jeunes. Peu à peu, j'ai noué de solides liens avec eux, comme avec Gavi et Lamine Yamal, sans oublier Wojtek Szczesny qui est à part. Au début, je m'entendais avec ceux qui parlaient ma langue, Marc-André ter Stegen en allemand ou Frenkie de Jong en anglais. Mais maintenant, c'est avec la jeunesse que les blagues fusent, en alternance, eux avec moi et inversement. Quand j'écoute les sujets de ces gamins de 18 ans, même en tant que vétéran, je remonte 20 ans en arrière."
Comment est Lamine Yamal en dehors du terrain?
"C'est une personne équilibrée. Le cercle autour de lui représentera un vrai test. Jouer à son âge et à ce niveau n'est pas simple. Il est génial comme individu. Il mesure bien sa position et l'effort qu'il reste à fournir. Son portrait médiatique diffère de la réalité en direct. Démarrer ainsi n'est pas évident. Je lui souhaite d'avoir la résilience nécessaire et la motivation intacte. À cet âge, nul n'est préparé à ça."
Qui va remporter la Ligue des champions cette année?
"Je vois ça entre Paris Saint-Germain et Bayern."
Arsenal peut-il créer la surprise?
"D'abord, ils doivent gérer leur demi-finale face à l'Atlético. Mais en observant le style de PSG et de Bayern, je crois que le lauréat de ce duel prendra le trophée."
Quel but vous a le plus marqué dans votre parcours?
"Je repense d'abord à mon premier en sélection contre la Grèce à l'Euro 2012 au stade national. Puis au quintuplé contre Wolfsburg en neuf minutes, et à celui face à Villarreal sous le maillot de Barcelone, avec ce pivot où deux défenseurs ont glissé dans leur intervention."
Juventus ou Milan?
"On en discutera sous peu."
Quel coach préférez-vous? Celui qui vous a le plus influencé et soutenu.
"Klopp et Guardiola."
Guardiola est exceptionnel.
"Certains joueurs peinent avec son approche. S'il discerne votre talent et vous fait confiance, il pousse fort. Si vous y voyez un moyen de progresser, vous en sortez grandi."
Un conseil aux jeunes footballeurs?
"Ça vaut pour tous, pas seulement eux, y compris les enfants de la Fondation des combattants du cancer: ne lâchez rien. Ayez des rêves et foncez vers vos buts. Souvent, les observateurs extérieurs conseillent, mais écoutez votre instinct. C'est essentiel pour la jeunesse."
Quel club vous a le plus tenu à cœur dans votre carrière?
"J'ai toujours intégré les équipes de mes rêves, réalisant mes ambitions. C'est le plus beau bilan. Être là où je le souhaitais, sans en imaginer d'autre."
Vous voyez-vous entraîner après votre retraite?
"Après toutes ces années, je préfère explorer d'autres voies post-carrière. Prendre du recul. Peut-être que ça me manquera plus tard, mais quand? Mystère. Le métier d'entraîneur est épuisant."
Qui est votre meilleur ami en sélection polonaise?
"Dans l'équipe d'aujourd'hui, je suis proche de Jakub Moder et de Karol Świderski. Certains de ma génération ont pris leur retraite."
Vous parlez encore à Marco Reus, votre pote du Borussia Dortmund?
"Pas ces derniers temps. Depuis son départ à Los Angeles, les échanges se raréfient. Mais j'ai discuté avec Thomas Müller récemment. Je lui ai demandé comment se passait son expérience au Canada avec ce froid polaire. C'est un type incroyable, toujours optimiste. Il bavardait sans cesse, mais sur le pré, nos échanges m'ont aidé. Il captait bien le ballon et décryptait la stratégie. J'adorais jouer à ses côtés."
Votre avis sur Oskar Pietuszewski?
"Un excellent gamin, mais il a un long chemin devant, semé d'embûches. La route ne sera pas linéaire, avec des moments durs, mais je crois en son potentiel. À son âge, un tel don est précieux, même si l'entourage peut parfois compliquer les choses."
L'Euro 2016 était-il à la portée de la Pologne?
"Je ne dirai pas si c'était possible, mais si on avait atteint les demies, on aurait pu viser la finale. Le Pays de Galles était usé, donc de bonnes opportunités nous attendaient en cas de match."