Qui va protéger les couloirs des Bleus ? L'épineux problème aux multiples inconnues de Deschamps
"Le coach m'a placé latéral gauche à la dernière séance, j'ai répondu qu'il n'y avait pas de problème." Les déclarations de Warren Zaïre-Emery en conférence de presse dimanche ont surpris. Alors que la France s'apprête à débuter sa Coupe du monde contre le Sénégal, il semble que plusieurs configurations soient encore à l'étude. Même si Théo Hernandez et Lucas Digne, deux titulaires en qui Didier Deschamps a confiance, ne sont pas certains de commencer le tournoi, les Bleus ont encore du travail.
Le flanc gauche : une expérience qui se prolonge
En quatre ans, rien n'a évolué côté gauche. Théo Hernandez, malgré une baisse de forme, reste en place. Quand ce n'est pas le cas, c'est Lucas Digne qui est choisi. Les deux latéraux se battent donc pour une place de titulaire, sans voir un autre concurrent émerger. Et même si cette année, les performances d'Adrien Truffert (Bournemouth) et de Matthieu Udol (Lens) auraient pu pousser le sélectionneur français à les sélectionner, le bilan est clair : il mise sur les joueurs expérimentés.
Mais est-ce vraiment judicieux ? Pendant les matchs de préparation, Hernandez a débuté face à la Côte d'Ivoire, avant de laisser sa place à Digne (à la pause). Contre l'Irlande du Nord, même scénario (62e). Bien que donner du temps de jeu aux joueurs soit essentiel avant une compétition comme la Coupe du monde, cela peut aussi révéler une faiblesse. Et si Deschamps n'était pas aussi confiant ?
Digne a été dépassé sur les deux buts marqués par les Éléphants à Nantes (2-1). Il a aussi commis une erreur sur l'unique but de l'Irlande du Nord (3-1). Il ne devrait donc pas débuter ce mardi.
Deschamps n'aurait donc qu'une option : faire confiance à son autre latéral, même si son niveau n'est pas au top. Ou alors, il pourrait opter pour une solution différente. C'est apparemment ce qui s'est passé à l'entraînement la semaine dernière avec le positionnement inédit de Zaïre-Emery.
Latéral droit occasionnel au Paris Saint-Germain, il n'a jamais joué ce rôle en sélection, encore moins à gauche. De plus, le sélectionneur tricolore avait déclaré en mars 2026 qu'il le voyait surtout dans "l'entrejeu". Il semble donc avoir changé d'avis.
"En club, quand je suis latéral droit, je peux rentrer à l'intérieur et au final je me retrouve comme un milieu. C'est un poste où j'ai vraiment cette liberté de pouvoir faire un peu ce que je veux. Le seul truc qui change, c'est défensivement. Mais je pense que j'ai cette qualité de mettre beaucoup d'intensité, de gagner mes duels et de récupérer beaucoup de ballons", a souligné le Parisien en conférence.
S'il est peu probable que Zaïre-Emery soit réellement utilisé comme latéral gauche en début de compétition, il pourrait prendre la place en cas de mauvaise prestation de ses coéquipiers durant le tournoi.
Cela mettrait cependant en lumière l'une des plus grandes faiblesses de l'équipe de France : son côté gauche.
Koundé seule garantie à droite ?
À droite, Jules Koundé est aussi un titulaire régulier depuis des années. Le Barcelonais a réalisé un bon Euro 2022, et a poursuivi sur sa lancée, aussi bien en club qu'en sélection. Mais le temps a passé, et son année chez les Blaugranas n'a pas été des plus convaincantes. S'il reste indiscutable grâce à son expérience sur le côté droit des Bleus, il commence à avoir de la concurrence.
Face au Sénégal, il ne fait presque aucun doute qu'il sera aligné. Malo Gusto, en revanche, pourrait entrer en jeu plus tard dans la compétition.
Le latéral droit de Chelsea a su élever son niveau pour prétendre à cette place. Solide en club et souvent présent quand on fait appel à lui avec l'équipe de France, il constitue une bonne alternative.
Quoi qu'il en soit, la concurrence devrait stimuler les deux droitiers. Mais l'absence de certitudes concernant les deux côtés français risque de gêner fortement les Bleus dans leur parcours.