Nagelsmann, successeur tout désigné de la grande tradition allemande en Coupe du monde ?
À seulement 38 ans, il donne déjà l'impression d'un vieux routier. Nagelsmann est ancré dans le paysage du football depuis une décennie. Et en dix ans, il a su s'imposer avec talent.
Malgré son passage mitigé au Bayern Munich, il a naturellement été choisi pour diriger l'Allemagne et amorcer un nouveau chapitre après l'ère Hansi Flick. Devenir sélectionneur à un âge aussi précoce n'est assurément pas une mince affaire, mais le Bavarois n'a jamais reculé devant les obstacles.
À l'Euro 2024, il a réussi à replacer sa sélection sous les projecteurs, avant d'être éliminé en quarts de finale par les futurs vainqueurs espagnols (2-1, a.p.). Un résultat plutôt honorable quand on se souvient que l'édition précédente s'était soldée par une sortie dès les huitièmes, une première pour la Mannschaft depuis 2004.
Surtout, ce quart de finale avait une saveur particulière car l'Allemagne avait totalement déçu lors des deux dernières Coupes du monde.
Les enjeux sont donc importants à l'approche de ce premier match contre Curaçao. Large favori sur le papier, le groupe de Nagelsmann n'a pas le droit à l'erreur. Un statut que le sélectionneur a préféré relativiser en conférence de presse ce week-end.
"On ne remporte jamais un match simplement parce qu'on est favori ou non. On gagne uniquement en réalisant une performance parfaite. Nous allons tenter de montrer notre meilleur visage, nous en avons les moyens", a-t-il déclaré.
Ce qui frappe, c'est son envie profonde de remettre le jeu au cœur des préoccupations, comme sa génération d'entraîneurs qui mise sur une identité de jeu claire.
La lueur d'espoir
Ce qui attire l'attention, c'est cet état d'esprit nouveau qui émane du groupe. L'Allemagne doit réapprendre à gagner. C'est une génération qui a tout à prouver. Bien sûr, des joueurs comme Joshua Kimmich, Antonio Rüdiger, Leon Goretzka, Leroy Sané, Jonathan Tah et Manuel Neuer – ce dernier ayant mis fin à sa retraite internationale pour ce Mondial – sont là pour incarner l'expérience. Mais l'ossature générale n'est plus celle de 2014.
Aujourd'hui, les meilleurs éléments disponibles sont Florian Wirtz, Jamal Musiala et Kai Havertz. Le talent existe aussi en défense, mais ce sont eux qui symbolisent l'avenir.
Cela n'empêche pas Nagelsmann d'avoir convoqué des joueurs plus âgés. Globalement, ses choix paraissent très cohérents. Reste à voir si cela fonctionnera sur le terrain, et il en a pleinement conscience. Contre Curaçao, il compte bien faire en sorte que son collectif déploie toute sa puissance. Et il ne veut surtout pas de surprise.
"David contre Goliath, on voit souvent ce genre de scénario dans le football : il y a des équipes qui jouent leur première Coupe du monde mais qui peuvent néanmoins réaliser de grandes performances", a-t-il indiqué face aux médias.
C'est peut-être d'ailleurs ce que l'Allemagne attend davantage de lui. Être un sélectionneur capable de guider son équipe tactiquement, mais surtout mentalement. Ces dernières années, la Mannschaft a perdu son aura : celle d'une équipe intraitable dans les grands rendez-vous. On l'a vue s'effondrer au Qatar, même si la chance ne l'a pas vraiment accompagnée – notamment lors du dernier match de poules.
Julian Nagelsmann peut graver son nom dans la grande histoire de son pays en menant à nouveau cette sélection parmi les toutes meilleures du monde. Le potentiel est là, mais concrétiser est une tout autre affaire.