Ligue des champions : le PSG a-t-il trouvé son match pivot ?
Grâce à une fin de match spectaculaire qui a permis de dénouer un duel serré, le PSG a renoué avec son éclat lors de la confrontation de mercredi face à Chelsea (5-2), suscitant l'interrogation sur un possible match déclencheur pour les tenants du titre européen.
L'an passé, l'affrontement avec Manchester City en janvier (4-2) avait entraîné les Parisiens dans une saison folle et mémorable où ils avaient survolé l'Europe avec autorité.
Ce large succès face aux Blues, handicapés par de sérieuses lacunes en défense et peu soutenus par leur gardien Filip Jörgensen, évoquait celui contre les Citizens : des débuts laborieux contre un rival tenace suivis d'une avalanche de buts libératrice, dans une ambiance électrique au stade.
L'entrée en jeu de Khvicha Kvaratskhelia à la 62e minute a marqué un virage décisif, le Géorgien réalisant un doublé et offrant une passe décisive, bien qu'il n'ait servi que de déclencheur pour un collectif résolu à élever son jeu dès les premières minutes. Sans oublier les buteurs Bradley Barcola et Ousmane Dembélé, étincelants pour déstabiliser la défense londonienne.
"C'est assurément l'un de nos matches phares car nous avons été combatifs de bout en bout, a confié le premier. C'est une belle victoire, cela faisait un moment que nous n'avions pas inscrit autant de buts en Ligue des champions".
Le secteur milieu a également apporté de la satisfaction. Sans Fabian Ruiz, encore blessé au genou et suppléé par Warren Zaïre-Emery, Vitinha et Joao Neves ont multiplié les efforts.
"Résilience"
Est-ce un tournant de la saison ? Luis Enrique apprécie : "Qui sait ? C'est un instant particulier. Peut-être manquons-nous de précision. On se compare sans cesse à la saison précédente, mais c'est irréaliste. Nous formons une équipe très résiliente. Ce terme nous correspond parfaitement".
Cependant, pour que ce match devienne vraiment un déclic, le PSG doit encore peaufiner certains aspects, tant sa vulnérabilité défensive saute aux yeux. Plus globalement, les hommes de Luis Enrique ont besoin de démontrer qu'ils peuvent aligner deux performances de ce calibre consécutivement.
Cette saison, ils n'ont guère réussi à enchaîner deux matches solides d'affilée, comme l'illustre l'exemple récent. En effet, si mercredi représente leur meilleure prestation, celle de vendredi dernier fut peut-être la pire : les Parisiens ont sombré face à Monaco en Ligue 1 (défaite 3-1) dans des proportions qui ont amplifié les interrogations.
Mais ces interrogations n'ont touché que les observateurs, selon le défenseur international français Lucas Hernandez : "En interne, nous n'avons jamais vacillé. Nous savons ce que vaut notre effectif, nous avons foi en nous. C'est dehors que pullulent ces rumeurs et ce scepticisme envers notre équipe, mais elle reste toujours solide".
Confirmer à Stamford Bridge
Si Paris a momentanément réduit les critiques sur son attaque, en manque d'efficacité ces temps-ci, les champions en titre ont de nouveau été trop vulnérables dans les espaces et ont encaissé deux buts. Sur les sept dernières rencontres, Paris en a pris 12.
La lenteur du capitaine Marquinhos devient un handicap majeur à ce niveau de tension, particulièrement pour une équipe qui presse haut comme Paris, même si le Brésilien excelle parfois par son positionnement et ses passes longues.
Concernant Nuno Mendes, il ne vit pas sa période la plus réussie en défense, comme l'ont montré les deux buts de Chelsea. A l'opposé, Willian Pacho a efficacement muselé João Pedro, un des responsables de la défaite en finale de la Coupe du monde des clubs l'été dernier (3-0), discret mercredi, et Achraf Hakimi sur Enzo Fernandez.
Mardi lors du retour à Stamford Bridge, il faudra valider la qualification en quarts de finale, et les Parisiens, experts en Ligue des champions et familiers de leur parcours, ne sauraient le prendre à la légère. D'ailleurs, ils disposeront d'une semaine pour s'y préparer puisque la LFP leur a octroyé un report de la rencontre contre Nantes ce week-end en Ligue 1.
L'an dernier encore, ils croyaient avoir franchi l'obstacle majeur contre Aston Villa au Parc des Princes en quarts (3-1) avant de frôler une nouvelle "remontada" au retour (défaite 3-2 après avoir mené 2-0).
Lucas Hernandez met en garde : "Nous avons un bel avantage pour ce retour là-bas, mais il faudra tous nous donner à fond pour franchir cette étape".