Ligue 1: Kombouaré et Puel, ces vétérans qui veillent sur Paris FC et Nice
En adversaires depuis plus de quarante ans, Antoine Kombouaré, âgé de 62 ans, et Claude Puel, 64 ans, représentent les entraîneurs les plus expérimentés de Ligue 1, et se retrouveront opposés ce dimanche à 15 heures, depuis les bancs du Paris FC et de Nice, avec la charge d'empêcher la descente de leur équipe respective.
Cette 24e journée de Ligue 1 marquera la 32e fois que ces deux personnalités s'affrontent, ayant déjà croisé le fer seize fois en tant que joueurs entre 1985 et 1995, puis quinze reprises en qualité d'entraîneurs, du 29 novembre 2003 avec Lille contre Strasbourg (2-2) jusqu'au 16 mai 2015 lors de Nice face à Lens (2-1).
Kombouaré, expert en sauvetage
Maître dans l'art des rescues urgentes, Antoine Kombouaré, qui a pris les rênes du Paris FC le week-end écoulé, dispose de quatre mois pour insuffler un sursis au promu ambitieux, coincé en bas du tableau (15e) en dépit de l'arrivée de la famille Arnault et de Red Bull à la tête du club la saison dernière.
"Il est nécessaire de provoquer une réaction, un sursaut, il faut réussir à performer bien au-delà de ce qui a été accompli ces dernières rencontres", a affirmé l'entraîneur à sa présentation le vendredi. "On observe une formation qui se laisse glisser inexorablement vers le fond du classement."
Une formation qui n'a enregistré qu'une unique victoire au cours des douze dernières journées de Ligue 1, et qui a subi une déroute cuisante à domicile lors de sa précédente partie contre Lens (5-0), ce qui a scellé le sort de Stéphane Gilli, l'ancien responsable remplacé par Kombouaré.
Il s'agit de la cinquième opération de maintien pour ce coach originaire de Nouvelle Calédonie, qui, parmi les neuf équipes qu'il a dirigées à ce jour, a préservé Nantes de la relégation deux fois (en 2021 et 2024), Dijon une fois en 2019, mais a échoué avec Toulouse en 2020.
La méthode reste similaire d'un club à l'autre: "la priorité absolue consiste avant tout à restaurer la confiance des joueurs, à instaurer une dynamique favorable" , juge Kombouaré. Moins sur les scores, mais davantage sur les intentions, des évolutions s'imposent.
"Même au-delà du football, il insiste pour que l'on recouvre une cohésion certaine, que ce soit en défense ou en attaque, il cherche à raviver l'agressivité qui nous faisait parfois défaut, il nous a exposé des éléments basiques, sans élaborer de stratégie innovante, il a opté pour des termes simples et pertinents", a renchéri le milieu de terrain Pierre Lees-Melou, qui pourrait endosser le rôle de capitaine sous l'ère Kombouaré.
Contre Nice, Kombouaré officiera pour son 541e match de Ligue 1. Seule Claude Puel (659 rencontres) le surpasse en expérience.
"(Claude) Puel est un excellent ami. Et je sais qu'il est tenace, qu'il déteste s'incliner. Néanmoins, Nice forme une équipe en pleine tourmente. Actuellement, ils ne comptent qu'un point d'avance sur nous. J'anticipe une rencontre ardue. Je n'oublie pas que chez nous, nous luttons avec de sérieuses difficultés à domicile", a complété le nouveau coach francilien.
Puel, toujours aussi passionné malgré les années
Ces quatre années d'éloignement des terrains l'ont-elles métamorphosé ? Reconnu pour son tempérament volcanique en bord de pelouse il y a une décennie, Claude Puel paraît plus serein depuis son comeback à Nice en janvier pour un semestre, le temps de tirer les Aiglons de la bourbiers où ils pataugent cette saison.
Mais il ne faut pas se méprendre, si sa voix reste calme et souvent uniforme en conférence de presse, il n'en continue pas moins d'exhorter ses troupes, de délivrer ses directives et d'interpeller le juge de touche supplémentaire.
La ferveur le porte encore. Surtout, il admet conserver son aversion pour la défaite. "J'ai dû m'entraîner à me calmer suite à une contre performance, car c'est extrêmement pénible et je refuse toujours de l'accepter", confie-t-il.
"Cela fait partie de l'essence même, et cela dépasse le football, ajoute-t-il. Je ne saurais dire d'où cela provient. Il existe des manières, des instants pour le gérer, mais c'est si douloureux."
À 64 ans, Puel adopte une posture plus distante. L'excitation des compétitions ne lui a pas manqué, jure-t-il. "On la canalise ailleurs, dans une autre discipline où l'on peut s'épanouir. La personnalité demeure inchangée. Pourtant, j'ai pleinement savouré cette pause. J'étais bien ainsi. Je n'ai jamais recherché l'exposition médiatique, ni postulé où que ce soit. J'ai la faculté d'observer sans me lancer dans la bataille."
Toutefois, ce dimanche, il replongera dans l'arène face à celui qu'il est "toujours ravi de rencontrer" sur un parcours de golf ou lors d'une rencontre caritative.