Ligue 1 : efforts, affrontements, remise en forme... Lens intensifie son rythme

Ligue 1 : efforts, affrontements, remise en forme... Lens intensifie son rythme

Selon les données chiffrées et les impressions des concurrents, l'évidence est partagée : Lens captive par sa puissance athlétique, ce qui le maintient en lice pour le sacre en Ligue 1 avant son périple à Lorient, ce samedi (17h00) à l'occasion de la 26e étape.

Observez les expressions admiratives de Gary O'Neil, coach de Strasbourg, et de Benoît Tavenot, responsable à Metz, presque épuisés après avoir vu leurs formations écrasées par la machine lensoise.

"Un groupe de haut niveau, robuste sur le plan physique, doté d'une énergie exceptionnelle", admettait O'Neil suite au partage des points (1-1) au stade de la Meinau en février, où Lens avait remué plus que l'habitude pour le club alsacien, pourtant leader en endurance dans l'élite.

Le week-end passé, Metz a encaissé à son tour la pression lensoise, avec une défaite plus nette (3-0). "Sur le plan athlétique, ils venaient de jouer jeudi mais ils nous ont dominés, ils ont enchaîné des sprints rapides, ils affichent un gros volume", confiait Tavenot à la fin de la rencontre.

Quatre jours après le succès aux tirs au but en quart de finale de Coupe de France contre Lyon, Pierre Sage avait reconduit la même composition initiale. Sans pour autant diminuer cette suprématie dans les foulées et jusqu'aux corps à corps, preuve d'une solide aptitude à la régénération.

"On (...) accorde un peu plus de repos à ceux qui ont disputé les deux matchs en tant que titulaires, mais globalement, nos séances d'entraînement restent identiques, précise Pierre Sage. Je privilégie avoir 16 ou 18 athlètes performants plutôt que 22 ou 25 en dessous de leur niveau."

Lorient (dixième, 34 points) est averti, surtout que Lens (deuxième, 56 pts) pourrait ravir la première place au Paris Saint-Germain (57 pts), dont la partie face à Nantes est reportée à mi-avril.

Une préparation chronométrée

Si Lens excelle dans ses qualités physiques, cela tient en partie à la rigueur imposée par son technicien au quotidien. Le natif du Jura orchestre des séances précises, avec une ligne directrice transmise en avance à tout l'état-major pour éviter les interruptions et reproduire les conditions réelles, allant jusqu'à éliminer les haltes hydratation.

"Pierre exige des entraînements à fort temps effectif", rapporte à l'AFP Cédric Berthelin, préparateur des gardiens. "C'est ce qui nous avait étonnés en début de campagne, je n'étais pas habitué à cette méthode, et les joueurs encore moins."

Une "démarche d'entraînement contemporaine, (...) presque toujours avec ballon", explique Guillaume Ravé, en charge des performances. "Si on intègre le ballon, mais que les exercices sont fragmentés (...), le rythme cardiaque ne s'élève pas, donc on ne renforce pas les aptitudes cardiovasculaires", développe-t-il.

Des athlètes hors norme

Cela permet d'affiner des profils déjà remarquables comme ceux d'Adrien Thomasson, Matthieu Udol ou Ruben Aguilar. Le leader des Sang et Or est le footballeur de Ligue 1 ayant couvert la plus longue distance depuis l'entame de la saison : 261,85 km, suivi de près par Udol (quatrième, 237,52 km).

En termes de sprints intenses, trois éléments de Lens figurent parmi les cinq meilleurs : Thomasson (deuxième, 2.042), Aguilar (troisième, 1.854) et Udol (cinquième, 1.778). Un autre suit de près : Florian Thauvin, neuvième (1.530).

Le club artésien bénéficie évidemment d'une saison sans engagements européens, à la différence de plusieurs rivaux en tête de tableau.

"On avait fréquemment sept à huit jours entre nos rencontres, note Pierre Sage. Les trois pauses internationales y contribuent aussi, c'est un facteur de notre solide début de saison, avec très peu d'absents pour blessures."

Le Jurassien s'est aussi appuyé sur "l'héritage du club". "Ils n'ont pas attendu notre venue pour adopter cette philosophie de jeu, cette intensité, on la voit depuis l'ère Franck Haise (coach de l'équipe pro de 2020 à 2024, NDLR)."

Sous la houlette du Normand, le Racing avait challengé le Paris SG en Ligue 1 trois ans plus tôt, ne ratant le titre que d'un cheveu. Les Lensois de Sage visent plus haut.