Les participants au Mondial pourraient affronter des atteintes à leurs droits aux États-Unis

Les participants au Mondial pourraient affronter des atteintes à leurs droits aux États-Unis

"Les supporters, les athlètes, les reporters ainsi que les autres participants (...) risquent de voir leurs droits bafoués de manière grave alors que l'administration Trump renforce son approche rigoureuse contre l'immigration et les droits humains", déclare l'ACLU dans un communiqué.

Cette organisation exhorte la Fédération internationale de football, dont le dirigeant Gianni Infantino montre souvent son alliance avec M. Trump, à "exercer une pression" sur les autorités américaines.

Les étrangers se rendant aux États-Unis pour le Mondial (du 11 juin au 19 juillet) pourraient être confrontés, d'après les auteurs de l'appel, à "un rejet injustifié d'entrée sur le sol américain, une menace d'arrestation, de garde à vue et/ou d'éloignement (...), une inspection poussée des réseaux sociaux et des vérifications des équipements électroniques, l'usage abusif et contraire à la Constitution des règles sur l'immigration, y compris des contrôles basés sur l'apparence" ainsi qu'à un "traitement inhumain, cruel et dégradant, voire mortel, en centre de détention géré par l'ICE", le service américain de l'immigration et des douanes.

"Il est urgent que la Fifa mobilise son poids pour exiger des réformes politiques majeures et des garanties solides, de sorte que les personnes se sentent protégées lors de leurs déplacements et pendant les rencontres", a indiqué Jamil Dakwar, en charge des droits humains à l'ACLU.

Restrictions de voyage

Questionnée par l'AFP, la fédération internationale de football a affirmé dans un communiqué que "en vertu de l'article 3 des Statuts de la Fifa", elle "s'engage à honorer l'ensemble des droits humains internationalement reconnus et travaille à leur sauvegarde".

Elle met en avant que divers documents relatifs à la Coupe du monde 2026 ainsi que "l'instauration d'un Groupe consultatif sur les droits humains, formé d'experts autonomes, et la promotion étendue du Dispositif de recours de la Fifa concernant les droits humains, témoignent de l'implication de (la fédération) pour les droits humains dans toutes les phases essentielles et avec l'ensemble des parties prenantes du tournoi."

La plupart des matchs (78 sur 104) auront lieu aux États-Unis, pays hôte principal aux côtés du Canada et du Mexique. Quatre nations qualifiées, à savoir l'Iran, Haïti, le Sénégal et la Côte d'Ivoire, pourraient manquer de leurs fans en raison des restrictions de voyage décrétées par Washington, tandis que Donald Trump place l'anti-immigration au centre de son nouveau mandat.

Ces dispositions, selon les États-Unis, n'impactent pas les visas touristiques, donc ceux des fans munis de tickets. La Fifa a aussi instauré un processus rapide pour les entretiens consulaires dans les demandes de visa, mais sans promesse d'approbation.

Beaucoup de supporters hésitent également à voyager aux États-Unis cet été par peur des opérations de l'ICE, responsable des captures et des renvois des étrangers en situation irrégulière. En janvier, deux protestataires ont perdu la vie sous les balles d'agents fédéraux à Minneapolis (au nord), déclenchant une forte réprobation.