Les demi-finales de la Coupe de France féminine sur YouTube, un nouveau coup dur pour la visibilité du foot féminin

Les demi-finales de la Coupe de France féminine sur YouTube, un nouveau coup dur pour la visibilité du foot féminin

Trois avancées, puis quatre reculs... Seulement une semaine après avoir joué toutes ses rencontres de championnat dans les grands enceintes, avec un total de spectateurs approchant les 70 000 pour la 19e journée, le football féminin en France revient à sa routine habituelle, un peu trop récurrente pour les amateurs de ce sport dans l'Hexagone : YouTube.

Malgré l'engagement pris en 2022 par beIN Sports et France Télévisions pour diffuser la Coupe de France féminine à partir des demi-finales, cet accord semble bien faible à quelques mois de son terme. La chaîne qatarie, qui avait diffusé un quart de finale la saison dernière avant de couvrir les deux demies, réduit son engagement pour la saison 2025-26 et ne programmera même pas les deux demi-finales opposant le PSG au Paris FC samedi, un remake de la finale précédente, puis Strasbourg à l'OL Lyonnes dimanche.

Aucune diffusion télévisée pour les demies

Ces deux matchs étaient aisément diffusables, le premier au Campus PSG où Canal+ installe souvent ses caméras pour les matchs de Première Ligue, et le second à la Meinau. Bien que l'accord de diffusion soit toujours valable jusqu'à la fin de la saison 2026, il n'est plus appliqué cette saison 2025-26.

Avant ce dernier carré censé passer par d'autres canaux que la chaîne YouTube de la FFF, les matchs précédents ont été diffusés sporadiquement, selon la bonne volonté des chaînes des clubs et des médias locaux disposés à investir pour promouvoir leur équipe. Pour les quarts de finale, cela signifie seulement une rencontre, celle de l'OL Lyonnes contre Le Havre.

Si ces lignes vous rappellent seulement l'existence d'une version féminine de la prestigieuse Coupe de France, ne vous étonnez pas. Ce déficit de diffusion nuit d'autant plus au football féminin que sa couverture par les rédactions est minimale, limitant les envois de journalistes sur site et rendant impossible de compenser ce manque pour la compétition.

Un cercle vicieux persistant

La visibilité du sport féminin pose problème en France, même les chaînes publiques ne s'en saisissant pas vraiment, France Télévisions n'ayant guère bougé pour ce dernier carré d'une coupe pourtant nationale. Le souci s'amplifie, car c'est la première fois depuis 2022 qu'aucune demi-finale ne sera accessible à la télévision. YouTube offre une alternative gratuite, à ne pas négliger, mais qui restreint l'attrait pour le grand public et les fans de sport.

La diffusion de la Première Ligue et des tournois de football féminin demeure un talon d'Achille malgré les avancées récentes du sport. La Coupe LFFP, lancée cette saison par la nouvelle ligue pro, a subi un black-out similaire, avec comme unique lueur positive sa finale sur la chaîne L'Équipe, qui s'est décidée au dernier moment.

En n'accoutumant pas le public au football féminin, la France entretient un cercle vicieux que nul ne brise : les téléspectateurs snobent le foot féminin, les chaînes refusent d'acheter les droits, et par conséquent, l'intérêt reste faible. Tandis que l'Angleterre ouvre des pubs dédiés aux matchs féminins, en France, il faut se contenter de YouTube et de FFFTV avec deux caméras pour suivre un derby parisien ou une équipe huit fois championne d'Europe face à Strasbourg à la Meinau.

Et quand ce n'est pas relégué sur W9 ou France 4 pour un match de l'équipe de France féminine, engagée dans sa qualif pour le Mondial 2027 au Brésil. Pourtant, l'accord de 2023 avec France TV assurait que "tous les matchs en prime time des Bleues seront diffusés sur France 2, France 3 ou W9". Incapable d'imposer ses contrats, la FFF cède aux diffuseurs qui invoquent des "contraintes logistiques" pour marginaliser encore le sport. À moins de se féliciter d'une diffusion de match amateur féminin pendant une trêve. À ce train, tout le football féminin français risque de redevenir amateur, après l'avoir quitté il y a deux ans.