Le Mexique espère vibrer au Mondial dans un contexte sécuritaire tendu
Ses meilleures performances en Coupe du monde, le Mexique les a enregistrées lors des deux précédents tournois disputés à domicile, en 1970 et en 1986, en atteignant les quarts de finale.
Eliminée dès la phase de groupes au Qatar en 2022, l'équipe, qui sera menée par l'attaquant de Fulham Raul Jiménez, aura toutefois un parcours semé d'embûches. Si elle termine en tête du groupe A (avec l'Afrique du sud, la République tchèque et la Corée du sud) et parvient à passer l'obstacle des 16e de finale dans son stade fétiche, l'Azteca de Mexico où elle n'a perdu que deux fois en 60 ans de compétitions officielles, elle pourrait y retrouver l'Angleterre en huitièmes !
En prévision du Mondial-2026, cette enceinte emblématique, qui doit accueillir le 11 juin le match d'ouverture Mexique - Afrique du sud, a été profondément rénovée, et sa capacité ramenée de plus de 100.000 places à 83.000. Elle n'a rouvert qu’à la fin du mois de mars, après avoir été fermée pendant près de deux ans.
Le Mexique y disputera deux matches de poule (Afrique du Sud et République tchèque) et affrontera entre les deux la Corée du Sud à Guadalajara. La capitale accueillera cinq rencontres au total, contre quatre chacune pour Guadalajara et Monterrey. Mais le défi est surtout sécuritaire pour un pays régulièrement ébranlé par les violences criminelles. L'inquiétude a grandi après la mort le 22 février du chef du cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), Nemesio "El Mencho" Oseguera, lors d'une opération des forces fédérales.
Les autorités ont ainsi annoncé le déploiement de 100.000 membres des forces de sécurité (militaires, policiers et agents privés), renforcés par 2.500 véhicules militaires et civils, 24 aéronefs, des systèmes antidrones et des chiens renifleurs.
Ecrire l'histoire
Sur le plan sportif, l'équipe mexicaine est incarnée par son intransigeant sélectionneur, Javier Aguirre, dit "El Vasco", qui participe à 67 ans à sa cinquième Coupe du monde, dont la troisième à la tête de la "Tri". "J'ai joué une Coupe du monde au Mexique (en 1986 en tant que joueur, ndlr), donc je sais ce que c'est, a déclaré Aguirre. Les gens savent que je vais tout donner, et nous aurons une équipe qui sera le reflet de son entraîneur: une équipe qui se battra et laissera son âme sur le terrain".
Abnégation, combativité, discipline tactique, sont les préceptes qu'Aguirre a insufflés à la "Tri", qualifiée d'office. "Je suis très scrupuleux et très exigeant sur le comportement (des joueurs), sur le terrain et en dehors", a affirmé Aguirre qui quittera son poste après le Mondial et sera remplacé par Rafael Marquez, ex-défenseur de Monaco et du FC Barcelone. De quoi ajouter une dose de motivation supplémentaire.
"On veut réaliser la meilleure Coupe du monde de l'histoire du Mexique", affirme celui qui compte le plus grand nombre de victoires dans l'histoire de la sélection mexicaine, rêvant tout haut de briser le plafond de verre des quarts de finale. Sans joueurs majeurs, le Mexique version 2026 compte dans la pré-liste de 55 joueurs une quinzaine évoluant en Europe, contre moins de quatre en 2002 et une dizaine en 2010.
La "Tri" misera tout sur son attaquant Raul Jiménez (125 sélections, 44 buts). Au milieu, le pilier se nomme Edson Alvarez (96 sél, Fenerbahce Istanbul) alors que la défense est bâtie autour du solide joueur du Genoa, Johan Vasquez (44 sél.). Le Mexique attend également l'explosion au plus haut niveau du prometteur Gilberto Mora, 17 ans, qui, s'il est appelé par Aguirre, deviendrait le plus jeune footballeur du pays à participer à un Mondial.
S'il ne devrait pas être le titulaire dans les cages, Guillermo Ochoa, 40 ans, gardien actuel de Limassol passé par Ajaccio, pourrait lui aussi établir un record. Celui d'une sixième participation à une Coupe du monde, rejoignant au panthéon du football Lionel Messi et Cristiano Ronaldo.