Human Rights Watch craint un Mondial de "l'exclusion et la peur" aux États-Unis
Dans un document à destination des journalistes qui couvriront le Mondial (11 juin-19 juillet) organisé principalement aux États-Unis, mais aussi au Canada et au Mexique, HRW estime que la politique anti-immigration de Donald Trump fait peser le risque d'une Coupe du monde de "l'exclusion et la peur" tant pour les migrants que pour les visiteurs.
Dans ses locaux de Berlin, HRW a invité plusieurs autres ONG pour une conférence de presse autour des différentes catégories de visiteurs.
"Les supporters, les journalistes et les autres personnes qui se rendront aux États-Unis (...) risquent d'être confrontés à la détention, à l'expulsion ou à la discrimination dans un paysage des droits façonné par les politiques de l'administration Trump", a averti Maja Liebing, référente Amériques d'Amnesty International.
Dans sa synthèse, Human Rights Watch accuse la FIFA d'avoir eu jusqu'ici une "réponse timorée" et de ne pas avoir "utilisé son influence" face à Washington.
Le président de la FIFA Gianna Infantino, seul dirigeant sportif présent à l'investiture de Donald Trump, affiche régulièrement sa proximité avec le président américain, au point de lui avoir remis l'an dernier un "Prix Fifa de la Paix" créé pour l'occasion, dont les critères n'ont jamais été précisés.
Andrea Florence, directrice de Sport & Rights Alliance, a demandé à la fédération internationale de "veiller à ce que cette Coupe du monde respecte et fasse progresser les droits humains".
De nombreux supporters craignent de se rendre aux États-Unis cet été à cause des raids de l'ICE, chargée d'arrêter et expulser les ressortissants étrangers illégaux.
Human Rights Watch explique avoir recensé, à partir des données du gouvernement américain, plus de 167 000 arrestations dans les 11 villes-hôtes américaines, entre l'arrivée au pouvoir de Trump début 2025 et début 2026.
Elle évoque aussi l'arrestation, le placement en centre de détention pour migrants puis l'expulsion par l'ICE d'un demandeur d'asile, venu assister à la finale de la Coupe du monde des clubs 2025 dans le New Jersey avec ses enfants.
Quatre pays qualifiés – l'Iran, Haïti, le Sénégal et la Côte d'Ivoire – pourraient en outre ne pas pouvoir compter sur leurs supporters en raison des interdictions de voyager imposées par le gouvernement américain.