Football: L'arbitrage, un grand perdant de la CAN 2025

Football: L'arbitrage, un grand perdant de la CAN 2025

La CAN 2025 s'est passée dans une ambiance de défiance totale envers les arbitres, blâmés pendant tout le tournoi pour avoir apparemment avantagé le Maroc, nation hôte, avec un pic de tension lors de la finale qui a sombré dans le désordre après des choix contestés.

L'image la plus forte de cette Coupe d'Afrique sera celle des joueurs sénégalais abandonnant le terrain suite au penalty octroyé aux Marocains juste avant la fin du temps normal, juste après un but invalidé pour les Lions de la Teranga. Une réponse extrême, révélatrice de la tension palpable et du manque de confiance envers les officiels pendant ces trois semaines.

Les reproches contre les directeurs de match sont habituels à la CAN mais ils n'avaient jamais atteint un tel niveau, au point de ruiner la finale et d'entacher l'image d'un événement dont l'organisation était jusqu'alors parfaite. 

"Dès le départ, l'ambiance était toxique", a regretté le coach du Maroc Walid Regragui après la perte des siens devant leur public (1-0 après prolongation), en évoquant l'atmosphère lourde qui a entouré chaque match de son équipe.

Au delà de la pression des fans marocains pendant les rencontres des Lions de l'Atlas, du nombre limité de sièges pour les rivaux de l'organisateur ou de quelques actes antisportifs comme ces ball-boys essayant de prendre la serviette d'un joueur sénégalais des mains du gardien Edouard Mendy, les sources de conflit entre athlètes et arbitres ont été nombreuses.

Le quart de finale entre Maroc et Cameroun (2-0) a suscité la rage des Camerounais qui ont accusé l'arbitre d'avoir ignoré un penalty après une infraction dans la surface sur Bryan Mbeumo. Le leader de la Fédération camerounaise et ex étoile des Lions Indomptables Samuel Eto'o a reçu quatre rencontres de suspension "pour comportement inapproprié". 

"Beaucoup aimeraient penser ou faire penser que nous bénéficions d'avantages avec les arbitres. Nous sommes l'équipe à abattre donc on cherchera toutes les excuses pour affirmer que le Maroc est favorisé", a répliqué Regragui. 

La demi-finale Maroc-Nigeria n'a pas évité les controverses non plus.

"L’arbitre était lamentable. Il a rendu des décisions vraiment erronées et c'est frustrant de voir des arbitres pareils dans un match important", a lancé le milieu des Super Eagles Bright Osayi-Samuel. 

Arbitre submergé

Mais c'est surtout la conduite de la finale par Jean-Jacques Ndala Ngambo qui est critiquée, l'arbitre congolais paraissant complètement dépassé et dépourvu d'autorité pour contrôler cette crise.

A propos du but annulé au Sénégal pour une faute sur le défenseur du PSG Achraf Hakimi, il y avait bien "un accrochage, mais très mineur", selon l'ex arbitre international français Bruno Derrien, contacté par l'AFP. 

"Je crois qu'il a sifflé trop rapidement. Si il avait continué le jeu sans pénaliser cette faute, le but aurait sûrement été examiné par la VAR et validé probablement", poursuit-il.

Le penalty donné au Maroc après un choc entre Brahim Diaz et le défenseur sénégalais El Hadji Malick Diouf est aussi suspect, ajoute l'ancien arbitre, résultant d'une "faute minime" alors que la "pression" était "intense".

Entouré par les athlètes et les staffs des deux côtés, dans un bruit assourdissant dû aux huées des supporters marocains, Jean-Jacques Ndala Ngambo avait-il le calme requis pour vérifier l'écran de la VAR?

Sa décision a de toute façon déclenché la colère des Sénégalais, dont certains ont laissé le terrain en protestation, stoppant le match pendant environ vingt minutes.    

En faveur des Marocains, l'arbitre congolais a aussi été trop indulgent pendant cette scène chaotique. Pourtant, les Règles du Jeu de l'IFAB précisent qu'"un joueur doit recevoir un avertissement s'il retarde la reprise du jeu" ou s’il "quitte intentionnellement le terrain sans permission de l'arbitre". Cela aurait pu mener à l'expulsion de plusieurs Sénégalais, déjà avertis d'un carton jaune.  

"C'était incroyable. Si les Sénégalais n'étaient pas revenus, je pense que l'arbitre aurait arrêté le match, suivi de sanctions contre le Sénégal", déclare Bruno Derrien.   

Le dirigeant de la Fifa Gianni Infantino a dénoncé lundi "le comportement de certains joueurs sénégalais et des membres du staff" et a demandé à la Confédération africaine de football (CAF) de "prendre les sanctions adéquates". Celle-ci a immédiatement annoncé qu'elle "transmettra l'affaire aux autorités compétentes pour que des mesures soient appliquées aux coupables identifiés".