Football : La dégringolade d'Amorim, un chapitre supplémentaire dans la baisse de Manchester United
Manchester United a écarté lundi son coach Ruben Amorim, recruté il y a 14 mois en tant que talent prometteur, sans toutefois réussir à stopper la progressive déchéance de ce géant européen.
Ce Portugais âgé de 40 ans a perdu toute confiance après un décevant match nul (1-1) face à Leeds, 16e au classement, laissant MU en 6e position de Premier League avec 17 points de retard sur le leader Arsenal.
L'an dernier, le triple vainqueur de la Ligue des champions (1968, 1999, 2008) a fini à une regrettable 15e place et a été battu en finale de Ligue Europa par Tottenham (1-0).
Dès le lancement de cette saison, Manchester a été sorti de la Coupe de la Ligue par une équipe de 4e division, Grimsby (2-2, 12 t.a.b. à 11), et dernièrement a partagé les points avec le dernier du classement Wolverhampton (1-1), les premiers points des Wolves en championnat depuis octobre 2025.
"Avec Manchester United en sixième place de la Premier League, les dirigeants du club ont pris à regret la décision qu'il était temps de procéder à un changement", a déclaré le club du nord-ouest de l'Angleterre dans une note officielle.
La situation paraissait inévitable. Suite au nul contre Leeds, la friction entre le responsable et ses supérieurs était évidente pendant la conférence de presse. Amorim, en colère, a exhorté le département des recrutements à "accomplir ses tâches", en pointant du doigt le directeur du football Jason Wilcox.
Fletcher intérimaire
"Je suis arrivé pour diriger Manchester United en tant que manager, pas uniquement comme entraîneur, c'est évident. Je sais que je ne porte pas le nom de (Thomas) Tuchel, ni de (Antonio) Conte, ni de (Jose) Mourinho, mais je suis le manager de Manchester United, et cela perdurera pendant 18 mois ou jusqu'à ce que le conseil d'administration décide autrement, affirmait-il. Je n'ai pas l'intention de démissionner. Je continuerai mon travail jusqu'à ce qu'on me remplace."
Pour le moment, c'est Darren Fletcher, ex-joueur du club reconverti en coach des moins de 18 ans, qui prendra les rênes de l'équipe dès mercredi face à Burnley en championnat d'Angleterre.
Amorim est aussi sanctionné pour son obstination à maintenir son système en 3-4-3, dont "même le pape", ironisait-il, ne pourrait le faire changer d'avis.
Ce schéma a marqué ses succès au Sporting Portugal, où il a décroché deux championnats consécutifs. Il avait récemment confié : "J'ai l'impression que pour mettre en place un 3-4-3 idéal, il nous faut du temps et des investissements massifs. Je commence à réaliser que cela ne se produira pas."
Le responsable d'Ineos Jim Ratcliffe, copropriétaire de MU, avait pourtant déclaré en octobre qu'Amorim ne pourrait être évalué qu'après trois années au poste.
Ineos, qui a investi à Noël 2023 pour 1,2 milliard d'euros afin d'acquérir 25% du club et le contrôle des décisions, n'a pas réussi à inverser la tendance descendante de ManU, repris par la famille Glazer en 2003.
Manque de stabilité
Amorim, sélectionné en novembre 2024, s'ajoute à la liste des entraîneurs épuisés par les Red Devils. Lui aussi n'a pas pu restaurer le prestige du club, 20 fois champion d'Angleterre, un record que Sir Alex avait si fièrement surpassé après 27 ans de domination (1986-2013), mais que le grand rival Liverpool a égalé en 2025.
Mais par delà le dossier Amorim, MU, l'un des clubs les plus fortunés et renommés au monde, peine à regagner sa place de choix.
Depuis l'ère prolongée de Fergie, ManU n'a plus conquis de titre de champion ni de Ligue des champions, et l'instabilité domine : les remplaçants de l'Ecossais n'ont jamais dépassé la troisième année à la tête de l'équipe.
Leur trajectoire s'est souvent heurtée aux reproches des supporters, des analystes et des anciens du club intransigeants.
Celui qui a tenu le plus longtemps, le produit de la maison Ole Gunnar Solskjaer (décembre 2018-novembre 2021), n'a rien remporté. Jose Mourinho, malgré une Ligue Europa (2017), Louis van Gaal ou Erik ten Hag n'ont pas davantage propulsé le club au sommet.
Manchester doit tout repenser, tandis que s'annoncent deux rencontres décisives, le derby face à City le 17 et l'affrontement contre Arsenal le 25.