Cristiano Ronaldo évalué sur sa condition physique plutôt que sur son âge, d’après son coach
Ronaldo pourrait participer à une sixième Coupe du monde, l’événement de cette année en Amérique du Nord devant commencer dans moins d’un mois. Une performance impressionnante, même pour un footballeur qui a bousculé tous les records du sport.
Cependant, Martinez, questionné par Reuters à Lisbonne jeudi, a tenu à préciser que le Portugal ne s’appuie pas sur une légende du passé.
"Nous considérons le Cristiano Ronaldo qui évolue en équipe nationale et qui s’efforce de s’intégrer au collectif pour 2026, pas l’icône", a indiqué Martinez.
En Portugal, la discussion ne porte plus tant sur la présence de Ronaldo, recordman des buts en sélection avec 143 réalisations, mais sur le poste qu’il doit endosser, surtout quand une faute peut être fatale en Coupe du monde.
Pour Martinez, la logique est claire. Ronaldo, en tant que joueur, est jugé sur ses performances à l’entraînement et son apport à l’équipe. "L’âge n’est qu’un nombre", a-t-il souligné. "En équipe nationale, on peut suivre précisément les événements quotidiens, et on décide pour le jour d’après. On ne pense jamais au-delà du lendemain."
Comment intégrer Ronaldo ?
À la question de son utilisation de Ronaldo pendant une Coupe du monde où les rencontres dépendent des changements, des adaptations tactiques et peuvent s’étendre jusqu’aux prolongations et aux penalties, Martinez pense que le football actuel a évolué au-delà de l’idée que le onze initial définit le rang.
"Aujourd’hui, il y a cinq substitutions possibles. C’est quasiment comme avoir une équipe d’ouverture et une équipe de clôture. Aucune différence", a-t-il détaillé. "Il existe divers postes et Cristiano a toujours endossé le sien."
La interrogation sur un rôle limité pour Ronaldo persiste depuis la Coupe du monde 2022, quand l’ex coach Fernando Santos l’avait mis sur le banc face à la Suisse après le dernier match de poule contre la Corée du Sud.
Martinez a évité les comparaisons directes entre les compétitions, notant que la condition, le jeu et les circonstances changent. Mais il a insisté que la position de Ronaldo, comme pour tous, repose sur les performances.
"Tous les footballeurs sont égaux en sélection : s’ils excellent, s’ils assument leur fonction pour la victoire collective, ils ont plus de probabilités de jouer que s’ils ne le font pas. C’est aussi basique que cela", a-t-il affirmé.
Martinez assure que Ronaldo dépasse le simple symbole. Il évoque ses 25 buts en 30 matchs avec le Portugal sous son ère, un taux supérieur à celui de tout autre entraîneur, et ajoute que sa contribution va au-delà des chiffres.
"Il excelle dans ses mouvements, ses appels, pour créer des brèches, pour écarter les défenseurs centraux", a expliqué Martinez.
"Il démontre une discipline pour se positionner idéalement, en respectant nos patterns offensifs. Cela lui offre des chances de but, comme il en a inscrit, mais aussi d’ouvrir des voies pour nos coéquipiers."
Un "esprit d’élite"
Martinez répète que l’âge ne doit pas dominer les échanges sur Ronaldo, mais plutôt les faits, les séances, l’état d’esprit et l’adaptation au système.
Il croit que la carrière prolongée de Ronaldo s’appuie non seulement sur son physique, mais aussi sur "cet esprit d’élite" et une recherche constante d’amélioration.
Ce qui l’a le plus étonné en arrivant, ce n’est pas le prestige de Ronaldo, mais sa motivation. "Quelqu’un qui a tout conquis possède l’appétit de celui qui n’a rien gagné encore", a dit Martinez.
Cette motivation, poursuit-il, fait de Ronaldo "une personnalité clé dans le groupe, comme capitaine, comme exemple de ce qu’implique de jouer pour la nation".
Martinez sait que les opinions ne cesseront pas. Il note que "chaque taxi driver" a son mot à dire sur Ronaldo, même sans l’avoir observé récemment.
Mais son job, dit-il, consiste à examiner les réalités et à former son onze. "Les joueurs restent sur le pré grâce à leurs qualités", a conclu Martinez. "Et quand le cadre démontre le contraire, c’est une sélection évidente."