Atlético de Madrid contre Arsenal, deux éternels perdants devant leur sort en Europe
Malgré leurs couleurs similaires, le rouge et le blanc, les Colchoneros et les Gunners ont en commun une trajectoire et une frustration partagées : dans leurs championnats nationaux, ils passent tous les deux pour des clubs maudits, toujours proches du succès suprême sans jamais le saisir vraiment.
Chez l'Atlético, cela signifie des années à végéter dans l'ombre des deux mastodontes, le Real et le Barça, avec trois finales de Ligue des champions perdues (1974, 2014, 2016) dont deux contre son grand rival de la capitale, et une cascade de déceptions, à l'image de celle survenue il y a une semaine en finale de la Coupe du Roi face à la Real Sociedad, évacuée aux penalties.
Arsenal, qui aspire à fouler à nouveau le terrain de la finale vingt ans après la première défaite au Stade de France contre le FC Barcelone en 2006, a lui aussi accumulé les revers, sans trouver de réconfort comme son futur adversaire avec des sacres en Liga (2014, 2021) ou une Europa League (2018).
Railleries des rivaux
Depuis son dernier triomphe en 2004, la formation londonienne du nord a développé une fâcheuse coutume de conclure la Premier League à une position frustrante : quatrième ou deuxième, comme au cours des trois dernières années.
Cette saison, le championnat qui semblait à portée de main, avec neuf points d'avance sur Manchester City, risque de lui filer entre les doigts, tout comme la League Cup (finale concédée à City) et la FA Cup (sortie prématurée en quarts face à l'équipe de deuxième division Southampton).
C'est face à ce palmarès famélique, une FA Cup (2020) et deux Community Shield (2020, 2023), et cette mentalité de l'échec que le technicien espagnol Mikel Arteta lutte inlassablement depuis son installation à la tête de l'équipe en 2019, récoltant parfois les sarcasmes de ses concurrents.
"Savourons bien ton quadruplé, mon vieux", avait ironisé le club de Southampton sur X, en écho aux visées proclamées par les fans d'Arsenal et leur entraîneur.
De leur côté, les Gunners, leaders de la phase de groupes de la Ligue et qualifiés sans trop de peine jusqu'aux abords de la finale, conservent l'espoir d'un doublé (PL et C1). Une performance en soi exceptionnelle après des années à s'effondrer en huitièmes ou en quarts de finale européens.
"Chuter, rebondir"
"On a accompli un exploit unique dans l'histoire de notre équipe, en 140 ans, ce qui souligne l'ampleur du défi", avait souligné Arteta après la qualification arrachée contre le Sporting, pour une seconde demi-finale de Ligue des champions d'affilée.
Cependant, l'Atlético cherche aussi à "graver son empreinte dans les annales", insiste l'avant-centre argentin Julian Alvarez, recruté en 2024 depuis Manchester City pour porter les nouvelles aspirations du club rojiblanco. Surtout après une énième finale égarée en Coupe du Roi.
"On est parvenus à ce stade comme on l'a toujours fait : tomber, se relever et reprendre le combat. Aucune force ne nous a freinés. On a toujours puisé en nous la ressource pour poursuivre les buts que le club et ses fans attendent : disputer des finales", a déclaré son coach Diego Simeone.
"Cette saison, on y est presque. On va défier une formation redoutable, qu'on avait rencontrée chez elle en début de campagne (revers 4-0). Ce match promet d'être ardu, comme toute demi-finale", a-t-il reconnu.
Éviter un naufrage comparable à celui du tour de groupes, ou simplement prolonger l'aventure, représenterait déjà une avancée notable.