Álex Baena, sélectionné in extremis avant de s'imposer comme un titulaire en puissance
Quand Luis de la Fuente a annoncé sa liste de 26 pour la Coupe du monde, son choix de prendre Álex Baena a causé quelques remous. Sa saison à l'Atlético de Madrid n'avait pas vraiment convaincu et de nombreuses voix se sont élevées en faveur de Pablo Fornals, probablement plus convainquant avec le Betis et revenu dans le groupe lors de la dernière fenêtre internationale en mars.
A priori, Baena devait faire le nombre avec la Selección : il est finalement titulaire. Après l'essai peu concluant de Gavi à un poste improbable d'ailier gauche contre le Cap Vert, l'ancien joueur de Villarreal a été promu et n'a plus lâché sa place. Sa versatilité tactique est évidemment à la racine de ce choix du sélectionneur, d'autant que le match de Fabián Ruiz contre les Requins bleus n'avait pas été probant, notamment car le positionnement de Pedri n'était pas le plus adapté pour les qualités du Canarien, bien plus à l'aise quand il évolue avec Dani Olmo en faux 9, comme en club.
Formé à Villarreal, passé en prêt pendant une saison en Segunda (2021-2022) à Girona, Baena a évolué à tous les postes au milieu et en attaque. Mais surtout, c'est dans un rôle de meneur de jeu excentré à gauche, un grand classique du 4-4-2 de Marcelino, qu'il s'est épanoui. C'est encore là qu'il est le plus utilisé par Diego Simeone, même si le Cholo l'a régulièrement recentré.
Cette adaptabilité est un aspect essentiel, même si son positionnement le contraint à revenir la plupart du temps sur son pied droit pour centrer. Mais quand il est face au jeu, sa faculté à savoir combiner à l'intérieur et à jouer le dédoublement avec Marc Cucurella est efficace.
Sa présence n'était pas prévue initialement. Le titulaire devait être Nico Williams, mais le Basque a été blessé l'essentiel de la saison et son entrée en jeu contre l'Uruguay a confirmé qu'il n'était pas en mesure de supporter les gros impacts. Également victime de la garra charrúa, Yeremy Pino a fini avec la clavicule dans la boîte à gants et Víctor Muñoz est arrivé blessé sans amélioration suffisamment notable pour entrer en cours de jeu. Et c'est évidemment sans oublier le forfait sur blessure de Fermín López qui aurait certainement mis tout le monde d'accord.
Sa promotion a donc conduit l'Espagne à évoluer davantage tourné vers l'intérieur, mais Baena contribue à étirer le bloc adverse, ce qui offre plus d'espaces pour les milieux mais aussi les renversements en direction de Lamine Yamal.
Son travail de sape dure entre 60 et 70 minutes en moyenne et cela a eu une conséquence positive pour la Selección puisque c'est son remplaçant, Ferran Torres qui a trouvé une ouverture pour servir Mikel Merino dans les arrêts de jeu contre le Portugal. De quoi conserver cette ossature et de faire de Baena l'un des cadres de cette version 2026 de l'Espagne.