Accueils triomphaux pour l'équipe féminine iranienne à Téhéran après son retour d'Australie

Accueils triomphaux pour l'équipe féminine iranienne à Téhéran après son retour d'Australie

Sept personnes de la délégation féminine iranienne, à savoir six athlètes et un responsable technique, ont au départ sollicité l'asile en Australie. Cela après avoir été désignées comme "traîtresses" dans leur nation pour avoir omis de chanter l'hymne national avant une partie, alors que sévit le conflit entre l'Iran et les États-Unis ainsi que Israël.

Cinq d'entre elles ont abandonné leur requête d'asile, et seules deux athlètes ont finalement choisi de demeurer en Australie. Des défenseurs des droits de l'homme ont reproché aux instances iraniennes d'avoir exercé des pressions sur leurs proches, en les convoquant notamment à des auditions.

"Le régime iranien a commencé à menacer leurs familles, prises en quelque sorte en otage. C'est pour cette raison qu'elles ont été contraintes de retirer leur demande d'asile et de rentrer en Iran", a indiqué sur les plateformes en ligne Shiva Amini, une ex-internationale iranienne vivant désormais en exil et engagée dans la défense des droits des femmes.

Des milliers d'Iraniens, tenant à la main de nombreux drapeaux, se sont massés jeudi soir sur la place Valiasr à Téhéran afin d'accueillir les sportives, d'après des vidéos montrées par la chaîne officielle de télévision.

"Mon choix. Ma patrie", afficha un grand écran sur la place, illustrant les athlètes en hijab islamique saluant le drapeau national. Parvenues en autocar, les joueuses, habillées en tenues de sport foncées et voilées comme requis, ont reçu des bouquets de fleurs avant d'ascendre sur une estrade.

Hymne national

"Ce qui est certain, c'est que ces athlètes sont fidèles à la patrie, au drapeau, au Guide et à la révolution", a déclaré le dirigeant de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, au milieu du groupe.

"Tous les Iraniens vous attendaient, bienvenue en Iran", a complété la représentante du gouvernement iranien Fatemeh Mohajerani, figure féminine proéminente de la politique locale.

Des visuels créés par intelligence artificielle, dépeignant les footballeuses jurant fidélité au drapeau iranien devant des sites emblématiques nationaux, ont été diffusés sur un écran. Athlètes et officiels ont entonné l'hymne de la République islamique. Téhéran reproche à l'Australie d'avoir incité les joueuses à déserter.

D'après Farideh Shojaei, une dirigeante de la fédération de football iranienne, le groupe a subi "des tensions et des pressions extérieures" pendant son passage en Australie. Elle a expliqué à l'agence Mehr que les athlètes ont bénéficié de "des promesses attractives de résidence, de rémunérations et de gains financiers substantiels".

"Fières et soucieuses de préserver leur amour pour la patrie, elles ont cependant refusé de rester en Australie", a-t-elle poursuivi.

Le chef du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait aussi affirmé mercredi que les athlètes avaient "déçu les ennemis" de la République islamique en résistant "à la tromperie et aux intimidations des éléments anti-Iran".

Suite à leur départ d'Australie, le groupe a séjourné à Kuala Lumpur en Malaisie, avant de voler lundi vers Oman, puis de s'envoler mardi pour Istanbul. Elles ont franchi mercredi la frontière turque pour entrer en Iran, avant de parcourir en véhicule la route vers Téhéran, distante d'environ 900 km.