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Eric García, ce défenseur si versatile ignoré par Luis de la Fuente

Eric García, ce défenseur si versatile ignoré par Luis de la Fuente

Si Eric García était français, sa capacité à jouer plusieurs postes serait certainement appréciée par Didier Deschamps. Un footballeur qui peut officier en défense centrale, à droite en latéral ou au milieu récupérateur avec une efficacité remarquable, en plus évoluant au FC Barcelone, on n'en trouve pas à tous les coins de rue.

Cependant, cette qualité ne paraît pas séduire Luis de la Fuente. Malgré une saison en dents de scie, Aymeric Laporte a été appelé, de même que Cristhian Mosquera, novice avec à peine 10 départs en Premier League et en Ligue des champions sous le maillot d'Arsenal. Pour épauler Marcos Llorente, c'est Pedro Porro, en difficulté avec Tottenham dans la course au maintien, qui a été choisi, ainsi que Carlos Soler, invisible depuis son penalty raté en huitièmes de la Coupe du monde 2022 face au Maroc, et Pablo Fornals, de retour en novembre après quatre ans d'absence.

Meilleur au centre de la défense

Un simple coup d'œil sur les statistiques des quatre sélectionnés comparées à celles d'Eric García dissipe tout doute sur sa place légitime en Selección. En se basant sur les évaluations de Flashscore Ratings, SofaScore et WhoScored, il rivalise avec son coéquipier Pau Cubarsí et Dean Huijsen, mais en Liga, il dépasse les deux avec 27 apparitions dont 25 comme titulaire. Sur le plan chiffré, il surpasse Laporte et Mosquera, et ce serait identique face aux Robin Le Normand et Marc Pubill de l'Atlético. Actuellement, il est en bonne position pour intégrer l'équipe type de la saison.

Depuis le début de l'année, selon ces mêmes indicateurs, García domine le classement, avec sept matchs au centre et deux à droite. À l'exception du revers collectif en demi-finale aller de la Copa del Rey contre l'Atlético (4-0), où il a été expulsé directement, le Catalan maintient son excellente forme. Hansi Flick veille jalousement sur son joueur multifonction, conscient qu'il sera précieux pour les confrontations importantes à venir, à l'image de celle contre l'Atlético en championnat.

Un problème d'harmonie dans le groupe ?

Les motifs de l'exclusion de García sont clairement non sportifs. Si son coach au Barça le met en valeur, le sélectionneur, lui, ne suit pas cette ligne. En Espagne, plus qu'ailleurs, il convient de préserver les équilibres. Non seulement dans le vestiaire, mais aussi avec les médias. Le club comptant le plus d'Espagnols au plus haut niveau est le Barça. García, Marc Bernal, peut-être Gerard Martín et Alejandro Baldé pourraient être convoqués sans susciter de polémique. Mais cela gonflerait la part blaugrana, alors que le Real Madrid n'aligne qu'un seul joueur dans cette dernière liste avant la Coupe du monde, à savoir Huijsen. Pour cette trêve internationale, sept Barcelonais sont présents (Joan García, Cubarsí, Pedri, Fermín López, Lamine Yamal, Dani Olmo et Ferran Torres), sans compter que Marc Cucurella et Alejandro Grimaldo sont issus de la Masía, et que David Raya, formé à Cornellà, est originaire de Barcelone.

Du coup, les décisions de De la Fuente sont parfaitement dosées. Pour défier la Serbie et l'Égypte, le sélectionneur a opté pour sept éléments de clubs d'Euskal Herria (Pays basque et Navarre), six joueurs soit en activité soit formés dans un club madrilène (Víctor Muñoz évolue à Osasuna mais a commencé au Real Madrid). Un équilibre des pouvoirs presque idéal.

Malgré son aptitude à relancer et sa solidité dans les airs, García serait trop complet. Un atout précieux, particulièrement pour un tournoi court, qui lui ouvrirait les portes du onze dans n'importe quelle équipe... sauf en Espagne. Il dispose de deux mois pour persuader De la Fuente, qui, malgré ses convictions, commettrait une erreur en laissant passer un tel talent pour viser une deuxième Coupe du monde.